Luttes sociales

« Il nous faut mettre en mouvement la société réunionnaise pour créer une plus-value sociale et des richesses »

Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté

YVDE / 1er février 2010

L’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté (ARCP) a saisi l’occasion d’une lettre du chef de cabinet du Ministère de l’Outre-mer pour proposer, en urgence, de créer des milliers d’emplois dans le domaine des services à la personne. Cela pourrait constituer une solution aux problèmes de l’ARAST et permettrait de « mettre en mouvement la société réunionnaise pour créer une plus-value sociale et des richesses ».

« Parmi les mesures retenues par le Comité interministériel pour l’Outre-mer (CIOM) figure la mise en place d’une politique publique de l’innovation sociale à La Réunion, en y associant les collectivités locales dans un domaine (celui de l’aide à la personne) qui représente un important vivier d’emplois ». Ce sont les termes d’une lettre adressée par Jean-Baptiste Rotsen, chef du cabinet du Ministère de l’Outre-mer, à Jean-Hugues Ratenon qui, au nom du Collectif du 25 octobre, avait adressé au Président de la République un certain nombre de propositions concernant l’emploi.
« Nous le disions depuis longtemps, maintenant, c’est le Président de la République qui l’affirme », note le porte-parole de l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté (ARCP). Il propose donc que le collectif rencontre très rapidement Guilaine David, déléguée territoriale des Services à la personne à la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP) de La Réunion. « Nous n’en demandons pas plus. Allons établir ce plan d’action d’urgence. Allons mettre cela en place dans les jours qui viennent. Allons mettre en application ce que l’on dit depuis des mois », note Jean-Hugues Ratenon.

4.000 emplois

La lettre du chef de cabinet du Ministère de l’Outre-mer indique également que « la structuration du secteur des services à la personne devrait offrir une visibilité pour le public et améliorer la reconnaissance, la professionnalisation, les qualifications et la protection sociale pour les personnes âgées ».
Autant de propos venus d’un haut niveau du gouvernement qui incitent Jean-Hugues Ratenon à dire que cela peut être une solution pour le personnel de l’ARAST, actuellement dans les difficultés. Mais il estime que l’on peut aller beaucoup plus loin. Il existe en effet un potentiel de 4.000 emplois pour l’assistance aux personnes âgées. « Allons vers cet objectif », lance-t-il avec la fougue qu’on lui connaît.
Il va plus loin, approuvé par les trois autres membres de l’ARCP présents — Monique Iori, Brigitte Malet et Eric Parlier —, en affirmant que l’on peut démultiplier l’action dans les domaines de la petite enfance, de l’illettrisme, de l’environnement… et créer un autre GIP pour l’environnement basé sur les principes de professionnalisme, d’un accompagnement de la gestion et d’une solidarité dans la responsabilité…

Les erreurs du passé

Mais Jean-Hugues Ratenon propose aussi de tenir compte des erreurs du passé et notamment de la faillite de grosses associations comme l’Association réunionnaise pour la formation et l’utilisation des travailleurs sociaux (ARFUTS), Jean de Dieu ou l’ARAST. Il s’inscrit dans « la volonté affirmée par tout le monde de créer un Groupement d’intérêt professionnel (GIP) » et demande que les associations y soient associées. « Cela nous intéresse », dit le porte-parole de l’ARCP. Il livre la vision de l’alliance sur le service à la personne et apporte aussi une première contribution en proposant que le GIP se réunisse rapidement pour « lancer un appel à projets sur l’ensemble de l’île aux comités de quartiers, aux associations des cités, aux groupements divers, aux régies de quartier… Allons vers des micro-entreprises qui auraient la charge de 50 à 60 personnes âgées pour une cinquantaine d’emplois ».
Cela permettrait, selon lui, de s’appuyer sur « la dynamique des quartiers, et sur une logique sociale et non financière ». La DRTEFP étant chargée de délivrer les agréments pour un service de qualité. Cela permettrait de créer des milliers d’emplois. « Il nous faut mettre en mouvement la société réunionnaise pour créer une plus-value sociale et des richesses ».

YVDE


« Une population oubliée, abandonnée, laissée sur le bord du chemin… »

En ouverture de la conférence de presse, Jean-Hugues Ratenon a commenté les derniers chiffres du chômage. Plus de 20.000 chômeurs supplémentaires en 1 an pour 7 à 8.000 arrivées sur le marché de l’emploi par an. « Nous ne sommes pas vraiment surpris, c’est choquant. On ne sent pas une volonté gouvernementale pour sortir de l’impasse. Nous avons le record de France de l’augmentation du taux de chômage ». Le porte-parole de l’Alliance des Réunionnais Contre la Pauvreté (ARCP) regrette « le discours vide du Président de la République par rapport à une population oubliée, abandonnée, laissée sur le bord du chemin ».
Il dénonce le fait que « quelques dizaines de milliers de Réunionnaises et de Réunionnais soient à la frontière du chômage : Contrat à durée déterminée, intérim, titre de travail simplifié, temps partiel obligé… ». Et souligne qu’une partie des quelque 70.000 érémistes a « perdu l’espoir de trouver un emploi et ne s’inscrit pas au Pôle Emploi ou n’ont pas les moyens de suivre leur inscription ». Si l’on met ces chiffres côte à côte, on constate que « la moitié des Réunionnaises et des Réunionnais qui attend la dignité par le travail est dans la souffrance ».


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