Luttes sociales

Impérialisme et capitalisme, coresponsables de la fin d’un monde

17ème Festival mondial de la jeunesse en Afrique du Sud

Céline Tabou / 28 décembre 2010

Soutenant la jeunesse africaine contre l’impérialisme, aussi bien militaire qu’économique et politique, l’organisation de ce 17ème Festival Mondial de la Jeunesse et des Étudiants a réuni des milliers de jeunes lors de conférences, séminaires contre l’impérialisme, et de fait le capitalisme, responsable de l’aliénation culturelle, de la pauvreté, du chômage, et de l’effondrement des économies. Tous ont appelé à la paix, à la solidarité et à la mise en place d’un système prenant en compte l’humain, et non plus le profit.

Sanctionné par la communauté internationale présente lors du Procès contre l’Impérialisme, les pays impérialistes et colonisateurs ont été accusés de tortures, assassinats, incitation à la haine et à la guerre, dans l’unique but de faire de l’argent. À terme, ce modèle prend l’eau, « il est temps aujourd’hui que la jeunesse du monde se soulève, et dénonce des méthodes inhumaines, et appelle à une société en paix, et solidaire », ont indiqué certains délégués lors de séminaire sur l’analyse du modèle capitaliste dans le monde.

Principal accusé, les États-Unis.

L’impérialisme américain pour conquérir le monde use de la guerre en Irak, et en Afghanistan, de sa présence militaire en Colombie, de blocus économiques au Venezuela, de menaces avec des armes de destruction massive en Corée du Nord, et de chantage diplomatique en Europe et au Japon.
Ces pressions ont de graves conséquences sur les pays dominés : chômage, pauvreté, assimilation, dépendance économique...
Condamnés par le Conseil Mondial de la Paix, les États-Unis se sont installés en Asie, pour pouvoir acquérir des marchés fructueux, et dominer tant culturellement qu’économiquement des pays riches, et peu exploités nationalement.
L’approfondissement de la crise accentue la rivalité entre les trois centres de l’impérialisme mondial : les États-Unis, l’Union européenne et le Japon. Opérant sur des marchés de plus en plus internationalisés, les centres impérialistes intensifient leur domination néocoloniale sur l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Ils y installent des régimes policiers et des dictatures militaires, organisent des coups d’État et des guerres d’agression (Irak, Panama, Yougoslavie, République démocratique du Congo) et provoquent des guerres civiles réactionnaires (Républiques de l’ex-URSS, Algérie, Rwanda).
Le Maroc a été banni du Festival après des heurts avec la délégation du Saharaoui Occidental, venue témoigner des atrocités provoquées par l’occupant marocain. De même, Israël a été également pointé du doigt pour les exactions commises contre le peuple palestinien.

Une lutte de tout temps

Depuis 1947, année du premier festival mondial des forces progressistes et de gauche, l’impérialisme est dénoncé, rejeté et combattu, pour sauvegarder l’indépendance des peuples, et éviter l’assimilation culturelle.
Aujourd’hui, la crise économique et financière internationale a mis en avant un système capitaliste défaillant, qui n’a pas eu les résultats escomptés : liberté, égalité sociale, et solidarité.
Simon Molefe, parlementaire de la Ligue Jeunesse de l’ANC (African National Congress), a expliqué qu’aujourd’hui encore l’important est de « continuer la lutte pour l’épanouissement des sociétés, pour l’accès aux soins médicaux, et à l’éducation dans le monde, et contre le chômage, la pauvreté ».
Pour Jack Barnes, auteur de "La marche de l’impérialisme vers la guerre et le fascisme", le Grand Capital a réduit le travail, diminué les salaires, poussé la jeunesse et les travailleurs dans la précarité et la misère. Soutenus par des modèles capitalistes, ou néo-capitalistes, les impérialistes sont parvenus à faire des profits, et à utiliser une main-d’œuvre pas chère, et "docile". Cependant, le Festival a montré que la jeunesse du 21ème siècle était bien décidée à se révolter contre un système capitaliste qui a atteint ses limites, et qui n’a pas tenu ses promesses. En effet, avec l’effondrement des économies européennes, et américaines, de plus en plus de jeunes prennent conscience de l’impact des multinationales sur leur pays, et ont décidé de lutter contre toutes les formes de capitalisme, et d’impérialisme.

La révolution contre l’impérialisme

Jonathan Silberman, de la Ligue Communiste Américaine expliquait lors d’un séminaire que l’unique solution au capitalisme et à l’impérialisme était la révolution. « Il faut battre l’impérialisme, et le capitalisme par l’échange entre nous, et par la lutte ». 16 pays dans le monde sont opprimés, colonisés, et dominés par des forces extérieures. Lors du procès symbolique, les 152 pays présents ont condamné l’impérialisme, et ont appelé à l’Anti-Impérialisme. « Pour un monde de paix, de solidarité, et de transformation sociale », il devient urgent de changer de modèle de développement, pour le respect des peuples, et le développement économique de chaque état, a-t-il conclu.
À l’instar de nombreux représentants politiques, Jonathan Silberman appelle à l’échange, tant humain qu’informationnel, « l’objectif est de mettre fin à l’exploitation de la jeunesse, et la fin de l’oppression étrangère sur les pays ». Avec les plans de rigueurs mis en place, partout en Europe, et dans le monde, la jeunesse a décidé de monter au créneau pour dénoncer des méthodes, visant à appauvrir les travailleurs, et à faire peser le poids des responsabilités de la faillite des politiques publiques sur les étudiants.
Les représentants ont exprimé leur joie de voir que la jeunesse prenait en main la lutte, et voulait travailler chaque jour pour un monde fait d’égalité sociale, et économique. « La bataille ne fait que commencer, il y en aura d’autres dans les années à venir. Pour le moment, la jeunesse se doit d’être solidaire, et de montrer qu’elle est présente et capable de mener à bien ses revendications », a expliqué un délégué.

Texte et photos Céline Tabou


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