Luttes sociales

Importante rentrée sociale pour La Réunion

Mobilisation contre la Loi Travail

Manuel Marchal / 7 septembre 2016

La rentrée sociale sera agitée. Les syndicats veulent continuer à se battre pour obtenir le retrait de la Loi Travail.

JPEG - 91.9 ko

Le 15 septembre, la mobilisation contre la Loi Travail reprendra. Malgré l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, les syndicats ne veulent pas céder. L’enjeu de la bataille est en effet très important. Le texte du gouvernement impose en effet d’importants reculs des droits des travailleurs. Il permet de faciliter les licenciements, et fragilise les syndicats. Pour La Réunion, les conséquences seront importantes. Notre île est déjà touchée par un chômage de masse. Toute mesure permettant aux patrons de licencier plus facilement réduit encore le pouvoir de négociation des salariés. Car dans le même temps, la situation sociale continue de se dégrader. Proportionnellement à la France, l’économie réunionnaise crée plus d’emplois, mais cela ne suffit pas faire reculer le chômage à cause de la pression de la croissance de la population active.

La Loi Travail n’est que le début

L’année prochaine verra l’élection d’un nouveau président de la République et le renouvellement du mandat des députés. En France, le gouvernement est confronté à une grande impopularité. Les promesses de 2012 sont loin d’avoir été tenues. C’est donc un champ favorable pour l’opposition. Cette dernière tient ses primaires pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Les programmes des candidats ont tous un point commun : ils veulent accentuer l’orientation ultra-libérale du gouvernement. Ainsi, avec un retour de la droite au pouvoir l’année prochaine, la loi El-Khomri ne sera qu’un début d’une politique visant à casser toutes les avancées sociales obtenues au cours de plusieurs décennies de luttes. Si le gouvernement socialiste refuse de céder face au mouvement social, alors le mouvement de régression sera engagé.

La crise de la canne à sucre

À La Réunion, un seul parti a décidé depuis le début de soutenir la mobilisation contre le projet de loi El Khomri, c’est le Parti communiste réunionnais. Le PCR considère en effet que le maintien des acquis sociaux est une des conditions du développement de La Réunion. Notre île subit en effet de plein fouet les conséquences de la mondialisation ultra-libérale. Aujourd’hui, la menace la plus grave pèse sur la filière canne-sucre et ses 18.000 emplois. La suppression du quota sucrier et du prix garanti pour le sucre produit dès l’année prochaine va en effet mettre La Réunion en concurrence avec des pays capables de produire moins cher. Dans ce contexte, toute mesure facilitant les licenciements accélérera la crise.

Menace sur toute la production

Demain, avec la signature de l’Accord de partenariat économique entre tous les pays voisins et l’Union européenne, ce seront tous les secteurs qui devront faire face à cette concurrence. Si elle compte moins d’un million d’habitants, La Réunion est un marché attractif. En effet, grâce aux conquêtes sociales, le niveau de vie des Réunionnais a pu s’élever. Ils disposent donc d’un pouvoir d’achat sans équivalent. Malgré des prix supérieurs à ceux de la France, les marchandises arrivent à s’écouler à La Réunion. Si les protections sociales sautent, alors les dernières productions existant encore à La Réunion seront menacées. Il sera en effet bien plus facile de licencier des travailleurs réunionnais pour délocaliser la production dans les pays voisins. L’objectif étant de produire à bas coût pour vendre toujours aussi cher à La Réunion, car le but reste d’augmenter les profits.

Le 15 septembre prochain donnera un état des lieux de la mobilisation. Si elle arrive à s’intensifier, le gouvernement voudra-t-il continuer à passer en force ?

M.M.


Kanalreunion.com