Luttes sociales

Incroyable mais vrai : le recteur réinvente les quinzaines de chômage !

Hier soir sur Télé Réunion

Témoignages.re / 19 août 2009

À quoi servent les États généraux de l’Outre-mer si devant un problème concret, l’État n’est pas capable de le traiter ? Si tel est le cas, tout le reste n’est que discours, arrogance et mépris. Hier soir à la télévision, les Réunionnais ont vu qu’il est encore possible que l’indigence intellectuelle puisse se transformer en pratique politique.

À une époque où la pénurie d’emplois commençait à sévir à La Réunion, il n’y avait pas encore le droit aux indemnités chômage ou au revenu minimum. Les communes devaient alors se débrouiller pour organiser un roulement visant à faire partager un emploi par plusieurs travailleurs qui se relayaient tout au long de l’année : c’étaient les quinzaines de chômage.
30 ans après, le recteur réinvente ce roulement dans la Fonction publique d’État. Il a en effet déclaré hier au journal télévisé de Télé Réunion qu’il n’y a aucun moyen de « stabiliser » la situation de 348 jeunes que l’État a décidé de licencier. « L’Éducation nationale n’a pas vocation à résorber le chômage », a-t-il dit, mettant en avant la situation des chômeurs qui attendent que les postes se libèrent pour venir remplacer les jeunes mis au chômage après des années de bons et loyaux services.
Dire qu’il n’y a pas de solution, c’est montrer l’indigence intellectuelle de responsables de l’administration face à un cas concret. Cela rappelle l’attitude adoptée voici plus de 10 ans par Lionel Jospin, alors Premier ministre, devant les licenciements à Michelin alors que l’entreprise faisait des bénéfices importants.
D’un gouvernement à l’autre, c’est la même indigence, et la faute est rejetée sur les victimes. Est-ce à dire que l’indigence intellectuelle se transforme en pratique politique ?
Le recteur se trompe quand il dit que les jeunes savaient ce qui les attendait. Depuis des années, l’administration avait la responsabilité de préparer la sortie de ces jeunes. Mais elle a préféré les presser comme un citron et les remplacer par d’autres jeunes, puisque, comme l’a dit le recteur, « on est pas jeune toute la vie ».
Nous ne demandons pas au recteur de donner ses états d’âmes, mais de traiter un problème. La Réunion toute entière est sous le coup d’une personne qui a la possibilité d’utiliser la télévision pour faire part de ses états d’âmes à plus de 300 jeunes et leur famille, des jeunes que l’administration a mis dans l’impasse.
Cela amène à se demander à quoi servent les États généraux si devant un problème concret, l’État est incapable de trouver une solution. Si tel était le cas, alors tout le reste ne serait que discours, arrogance et mépris.


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