Luttes sociales

« L’accord sur le marché du travail est une attaque historique contre les salariés »

Déclaration de la CGTR

Témoignages.re / 17 janvier 2013

Dans une déclaration adressée hier à la presse sous la signature de son secrétaire général Ivan Hoareau, la CGTR donne sa position suite à la signature vendredi par le patronat, la CFDT, la CFDT et la CGC d’un accord proposant d’importantes modifications au Code du travail. Voici le contenu de cette déclaration.

Non Monsieur Hollande, cet accord ne traduit pas, bien au contraire, « de nouvelles avancées » pour les travailleurs.

Oui, ce texte est « ambitieux » pour le patronat et notamment le MEDEF, car il démantèle le Code du travail et les droits sociaux.

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L’objectif du gouvernement de sécurisation de l’emploi aboutit à une flexibilité accrue et à un accord gagnant (patronat)/perdant (salarié). Et la flexibilité ne crée pas d’emploi ! Elle remplace les emplois stables par les emplois précaires !

« Le déséquilibre est patent et ravit le patronat »

L’anticipation de l’évolution de l’activité des entreprises a été à peine effleurée alors qu’il s’agit là d’une impérieuse nécessité pour sauver l’emploi.

La fin du CDI (contrat de projet et CDII), les licenciements facilités, pour ne pas dire incités (plus vite — délais resserrés, plus facilement — out la justice, moins cher — barème des indemnités), la mobilité forcée, la déjudiciarisation des affaires (obstacles au droit de recours du salarié …) traduisent une acceptation totale de la politique du MEDEF et du patronat.

Contrairement à l’application immédiate des attaques contre le salariat, les quelques avancées (le sont-elles vraiment en elles-mêmes ?) nécessaires pour faire avaler la potion amère (complémentaire santé, la taxation des contrats courts), dans le meilleur des cas, ne s’appliqueront pas de sitôt.

L’accord compétitivité-emploi de Sarkozy est en marche. Le déséquilibre est patent et ravit le patronat.

Les salariés doivent savoir qu’avec ce texte, le patron pourra baisser leur salaire, leur temps de travail sans aucune compensation, sans recours possible au tribunal (les plans de Sauvegarde de l’Emploi — PSE — seront contournés et rendus pratiquement inapplicables, la motivation du licenciement individuel ne sera plus un élément pris en compte dans bien des cas).

La CGTR « interpelle le gouvernement »

La CGT et FO étant majoritaires par rapport aux signataires, le gouvernement transcrira-t-il en l’état cette attaque historique contre les salariés, ce texte qui est aux antipodes de l’équilibre recherché des objectifs fixés ? Lors de l’application des très prochaines règles en matière de représentativité, un tel accord ne passerait pas.

La bataille continue. L’unité d’action est de mise plus que jamais.

La CGTR, dont la représentativité a été largement confirmée une fois de plus aux dernières élections dans les TPE, d’ores et déjà entamera une tournée de ses structures pour informer et combattre ce texte inique.

La CGTR appelle nos parlementaires à rejeter ce texte qui préfigure une violence inouïe pour les travailleurs.

Elle interpelle le gouvernement pour ne pas franchir la ligne jaune, ce qui lui aliénerait l’adhésion des salariés qui se sont prononcés en masse pour M. Hollande contrairement au patronat et notamment le MEDEF.

Légende 2a

L’accord proposant un démantèlement de plusieurs protections sociales sera-t-il soumis aux parlementaires en vue d’être retranscrit dans la loi ? Si tel est le cas, la CGTR appelle les représentants de La Réunion «  à rejeter ce texte qui préfigure une violence inouïe pour les travailleurs » .


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