Luttes sociales

L’aggravation de la plus grande crise sociale
Près de 143.000 inscrits à Pôle Emploi

Pénurie d’emploi sans précédent, 14% de hausse en un an

Témoignages.re / 28 décembre 2010

Les derniers chiffres du chômage révèlent une poursuite de l’aggravation de la crise. Le nombre de demandeurs d’emploi se rapproche peu à peu des 150.000, sans qu’il n’y ait aucune perspective de relance de l’activité. La casse des grands projets a en effet coupé tout espoir, et le coup d’arrêt donné au photovoltaïque par le gouvernement accentue la crise. Toutes les conditions sont réunies pour aggraver la plus grande crise sociale de l’Histoire de notre pays.

Six mois après l’annulation du chantier du tram-train décidée par Didier Robert et le gouvernement, la pénurie d’emploi atteint un sommet dans notre île.
Fin novembre 2010, 142.934 Réunionnais étaient inscrits à Pôle emploi, soit une hausse de 14%. Au mois de novembre, le nombre de demandeurs d’emploi comptabilisés dans les "catégories" permettant la comparaison avec la France a explosé. Le nombre total des travailleurs dans les "catégories" A, B, C a augmenté en un mois de 2.700, c’est-à-dire l’équivalent de plus de deux faillites de l’ARAST. Voilà le résultat catastrophique de la politique de casse sociale menée à Paris par le gouvernement UMP, et relayée dans notre île par une Région dirigée par un membre du bureau politique du parti de Nicolas Sarkozy.

Le prix de décisions politiques

La pénurie d’emploi s’est encore aggravée dans notre île. Le mois dernier, le chômage a augmenté deux fois plus vite qu’en France, et sur une année le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 14% dans notre pays. En France sur la même période, la hausse s’inscrit entre 2,5 et 5,2% selon le mode de calcul.
Cette aggravation est bien le résultat de décisions politiques. Quand le 31 mai dernier, Didier Robert préfère aller bat’karé en France pour laisser d’autres élus signifier à Tram’tiss le refus du président de la Région de construire le tram-train, la conséquence immédiate est la suppression des 4.000 emplois qu’aurait pu créer le chantier. Ces milliers d’emplois auraient été un moteur de la relance de l’économie du pays, mais un autre choix a été fait, avec le soutien de Paris.
Aujourd’hui, La Réunion subit donc de plein fouet le retrait de ce filet de sécurité qui avait été âprement négocié par le prédécesseur de Didier Robert à la Région.
Parallèlement à cette remise en cause des grands travaux, le gouvernement décidait de stopper l’essor de l’industrie du photovoltaïque à La Réunion. Cela a été tout d’abord la baisse du prix de rachat qu’EDF doit payer aux producteurs de l’électricité solaire. Puis le gouvernement a pris un décret qui impose un moratoire de trois mois sur la construction de toute nouvelle centrale.
À La Réunion, le développement de l’utilisation de l’énergie solaire est au cœur d’une stratégie visant à l’autonomie énergétique en 2025. C’est un gisement potentiel d’emploi, mais tout est remis en cause.

Aucune perspective

Pour l’année prochaine, aucune perspective n’est là pour redonner espoir. Lors du dernier Haut conseil de la commande publique, aucune nouvelle n’est venue rassurer les représentants des travailleurs et des patrons, unis pour poser cette question : où sont les chantiers ?
Le nombre de demandeurs d’emploi se dirige inéluctablement vers 150.000, ce qui indique que La Réunion connaît sa plus grande crise sociale. Et la politique menée par le gouvernement et son représentant à la tête de la Région créent toutes les conditions pour l’aggravation de cette crise sans précédent.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com