Luttes sociales

L’AGS a les moyens de payer

Le conflit de l’ARAST

Témoignages.re / 24 février 2010

Alors qu’aujourd’hui la lumière est faite sur la manipulation politicienne qui a plongé dans la détresse plus de 1.000 personnes tout en offrant à Valérie Bénard une place de quatrième sur la liste de Didier Robert, il est clair que rien ne peut désormais empêcher l’AGS d’assumer ses responsabilités.

Maintenant que Valérie Bénard, ancienne salariée de l’ARAST, a eu ce qu’elle voulait, c’est-à-dire une place sur la liste de l’UMP Didier Robert, la diversion est terminée. Les travailleurs et les syndicalistes ont perdu trop de temps, l’important aujourd’hui est de s’unir pour réclamer le versement de l’AGS.

L’application du droit

Comme "Témoignages" l’a montré à de nombreuses reprises, l’AGS est dans l’obligation de verser les indemnités des licenciés de l’ARAST. Il n’est plus question de stratégie politicienne, mais d’application de la loi.

L’AGS peut payer. En janvier 2010, la Direction de l’AGS avait tenu une conférence de presse pour faire état de sa situation financière. En effet, un communiqué de quatre organisations syndicales avait souligné que l’AGS ne pouvait pas payer les anciens salariés de l’ARAST, « c’est quand même le budget annuel de l’AGS qui est sollicité sur ce seul conflit : quid alors, malheureusement, des nombreux futurs licenciés dans cette période de crise ? », avaient-ils indiqué.

Pour mettre fin aux rumeurs, la Direction a fait savoir que « l’AGS a de l’argent et, de toute façon, ce n’est pas ça le problème ». A partir de là, pour quelles raisons l’AGS refuse de payer alors qu’elle admet elle même « garantir le paiement des seuls indemnités de rupture des salariés licenciés pour motif économique » ?

L’AGS au-dessus des lois à La Réunion ?

Au moment même où chacun se rend compte des manigances de Valérie Bénard pour entrer en politique, pour quelle raison l’Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés (AGS) ne reverse-t-elle pas les indemnités dues ?

Les syndicats, dont la CGTR ont, durant des semaines, soutenu Valérie Bénard et se sont érigés en porte-voix des travailleurs. Aujourd’hui, le monde syndical doit pouvoir exiger le versement des indemnités et faire pression pour qu’elles soient perçues en totalité par l’ensemble des licenciés de l’ARAST.

Pour sa part, l’ancien Préfet Pierre-Henri Maccioni n’a pas demandé à l’AGS de payer les indemnités de licenciement, alors que c’est pourtant la raison d’être de l’AGS alimentée par les cotisations versées par les entreprises. De manière assez innovante sur le plan du droit, l’ancien préfet a appelé le Conseil général à payer une partie des indemnités des ex-ARAST, alors que la Collectivité n’a aucune responsabilité dans la gestion des associations d’aide à domicile.
Le Conseil général n’est pas un gestionnaire d’associations, mais assume ses responsabilités dans ses compétences. Par exemple, pour aider le secteur en difficulté et les anciens salariés de l’ARAST, et pour anticiper sur un gisement d’emplois, le Conseil général a mis en place un Groupement d’intervention public de service et d’aide à la personne (GIP-SAP).

A l’heure actuelle, les ex-salariés de l’ARAST attendent toujours leurs indemnités. Le patrimoine de leur ancien employeur a même commencé à être vendu aux enchères, et les travailleurs ne voient rien venir. Par contre, ils constatent que les manigances politiciennes les ont ridiculisés, mais surtout pas aidés.

C.T.


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