Luttes sociales

L’appel des travailleurs à la SIB et à la Préfecture : « Laisse pas nous mourir pou rien »

4ème jour de grève de la faim hier de Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère

Correspondant Témoignages / 21 février 2014

Après les discussions sans aucun résultat positif entre représentants du personnel de la Société Industrielle de Bourbon (SIB) et les patrons de l’entreprise mercredi puis le préfet ce jeudi, l’inquiétude et la colère ne cessent de grandir chez les grévistes de la faim et leurs collègues : après quatre jours sans manger et toujours aucune écoute du patronat comme de l’État, Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère commençaient à être affaiblis physiquement hier soir ; mais avec leurs camarades, ils sont toujours déterminés à lutter pour faire respecter leur droit à l’emploi dans une entreprise qu’ils n’ont cessé d’enrichir depuis une trentaine d’années.

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Un message fort des grévistes de la faim et des autres travailleurs de la SIB menacés de perdre leur emploi de façon totalement arbitraire.

« Laisse pas nous mourir pou rien ». Ce message fort, affiché par les grévistes de la faim à la SIB du Port sur les grilles de leur entreprise avec le soutien de leur trentaine de camarades menacés de licenciement, sera-t-il entendu par les patrons de Colgate-Palmolive et par les représentants de l’État ?

C’est la question que se posait notamment hier après-midi Philippe Duverger, le délégué syndical CGTR de la SIB, qui a participé le matin avec Ie secrétaire général de la CGTR Ivan Hoarau, les représentants du cabinet d’expertise ACCE et la députée-maire de Saint-Paul à une rencontre avec le préfet. Ce qui est ressorti de cette rencontre, c’est que les experts ont confirmé la bonne santé de l’entreprise, et qu’Ivan Hoarau a souligné que les licenciements annoncés par les patrons sont inacceptables.

Par contre, même si le préfet s’est déclaré « à l’écoute », pour Philippe Duverger « c’est toujours le mystère total sur les repreneurs de la SIB, sur la sauvegarde de nos emplois, sur nos propositions de pérenniser l’entreprise sous forme de coopérative ; c’est un foutage de gueule, un mépris des travailleurs réunionnais de la part d’une direction sourde qui refuse de nous entendre et de s’engager par écrit sur le respect de nos droits ». Mais le responsable syndical ajoute : « plus que jamais la bataille continue, les travailleurs restent mobilisés, unis et solidaires pour aller au combat ».

Cette mobilisation et cette détermination sont d’autant plus importantes que ce matin à 8 heures 30 est prévue une nouvelle rencontre entre les patrons, les délégués syndicaux du personnel et les experts comptables. Pour quelle écoute réelle des travailleurs de la SIB et pour quelle avancée vers la justice ?

 Correspondant 

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Jean-Jacques Ferrère et Jocelyn Rivière, les grévistes de la faim hier à leur 4ème jour sans alimentation, soutenus par Klara et Marlène Derfla, responsables de la CGTR-Sud.
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Philippe Duverger, le délégué syndical CGTR de la SIB, qui a participé hier à la rencontre avec le préfet.
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Les travailleurs de la SIB sont dans la cour de l’entreprise aux côtés de leurs camarades en grève de la faim.


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