Luttes sociales

L’ARCP appelle à l’unité réunionnaise pour le maintien du bonus COSPAR

Pour faire échec à la grossière manœuvre du gouvernement

Témoignages.re / 27 novembre 2011

Au lendemain de l’annonce d’une prolongation de un an du bonus COSPAR proposée par le gouvernement, l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté appelle les députés à ne pas appuyer cette manœuvre contre les intérêts de La Réunion, et à se mobiliser pour que l’Assemblée nationale suive le vote du Sénat, qui s’est prononcé pour favoriser le maintien du bonus COSPAR trois années supplémentaires à l’initiative d’un sénateur réunionnais, Paul Vergès.

L’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP), représentée par Monique Iori, Éric Perlier, Jean-Hugues Ratenon et Amandine Ramaye, a tenu samedi une conférence de presse. Il a été question notamment des mesures proposées pour favoriser le maintien du bonus COSPAR.
L’ARCP estime que la proposition du gouvernement n’est là que pour boucher les yeux. Le prolongement d’un an, c’est juste pour passer les élections et remettre tout en cause ensuite en cas de maintien au pouvoir de ce gouvernement. Cette manœuvre très grossière et malhonnête ne doit pas passer, et l’ARCP espère que les élus de La Réunion ne vont pas appuyer cette manœuvre contre les intérêts des Réunionnais.

Pour la pérennisation de la prime

Car pour sa part, l’ARCP appelle à la pérennisation du bonus COSPAR, et l’amendement adopté par le Sénat à l’initiative de Paul Vergès va dans ce sens. Il prévoit en effet que l’État prenne à sa charge trois années supplémentaires les cotisations sociales payées au titre de la prime de 50 euros.
D’où l’interrogation de l’ARCP suite au contre-amendement déposé par la sénatrice UMP Jacqueline Farreyrol avec Michel Fontaine : contribution dégressive de l’État pendant trois ans. Le gouvernement propose donc moins que ses parlementaires, et beaucoup moins que le Sénat.
Au lendemain de l’annonce de la proposition gouvernementale, l’ARCP appelle les parlementaires réunionnais à la responsabilité. Le texte permettant le prolongement de trois ans du bonus COSPAR sera présenté à l’Assemblée nationale. Les députés de La Réunion se doivent de se battre pour les intérêts de la population. En pleine crise du pouvoir d’achat, ils doivent tout faire pour consolider la prime de 50 euros.

Pas de bourreau de la prime COSPAR

Car pour l’ARCP, rien ne peut justifier un refus de l’unité pour sauver la prime, aux députés de parler de la même voix que le Sénat, et aux parlementaires UMP de convaincre leurs collègues de groupe du bien-fondé du maintien de l’effort de l’État pendant trois années de plus. En effet, l’amendement Vergès est une base minimum à défendre pour les députés de La Réunion, estime l’ARCP.
Nos cinq députés doivent faire bloc, c’est la condition essentielle de la réussite et aucun petit calcul politicien ne doit lézarder cette union, « aucun parlementaire ne doit apparaître comme le bourreau de la prime COSPAR », affirme l’ARCP.
C’est donc l’occasion de dépasser les divergences de partis et d’agir dans l’intérêt général, conclut Jean Hugues Ratenon.


Un maintien justifié par la cherté de la vie reconnue par l’État

L’ARCP ne manque pas à l’appel quand il s’agit de défendre l’intérêt de la population notamment ceux qui sont les plus en difficulté.
Le COSPAR véritable mouvement populaire fait dire à Jean Hugues Ratenon « la population doit pouvoir toujours se rappeler que quand il y a une lutte à travers la mobilisation, les résultats sont au rendez-vous… ».Effectivement, l’ARCP l’a toujours dit et répété.
La baisse des prix dans la grande distribution, les produits pétroliers, les tarifs des banques, le logement, sont autant d’avancées résultats de la mobilisation des forces vives. Les syndicats, les politiques, et le milieu associatif, main dans la main, ont arraché des mesures pour la population.
L’ARCP, tout en reconnaissant que la CIOM n’a pas respecté les préconisations issues des consultations, considère qu’un des pans essentiels de l’accord COSPAR est en train de tomber, comme la prime COSPAR.
Cette menace sur les 50 euros a lieu alors que la vie est de plus en plus chère.
Cette prime correspond pourtant à un besoin reconnu même par l’État. Éric Parlier rappelle en effet que l’État accorde une prime de vie chère aux salariés du public pour justement compenser l’écart de prix avec la métropole. Alors « pourquoi dans le privé baisser les salaires des travailleurs pauvres » ?

Outre l’appel aux parlementaires, l’ARCP appelle également à soutenir la mobilisation de demain devant la préfecture.



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