Luttes sociales

L’ARCP dénonce la fin des contrats aidés

Appel à la mobilisation le 29 août au Port

Témoignages.re / 17 juillet 2010

L’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté a dénoncé hier la fin programmée des contrats aidés dans un contexte de récession économique. Le collectif appelle la population à la mobilisation le 29 août au Port.

L’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP) lance un appel à la mobilisation au Port (le lieu reste à définir) le 29 août prochain. « L’heure de la solidarité a véritablement sonné à La Réunion, personne n’est à l’abri », affirme Jean-Hugues Ratenon.
En cause, une série de mesures du gouvernement dans le cadre du plan de rigueur, alors que l’économie de l’île est en récession et que le chômage est au plus fort. Même le contrat aidé, l’un des seuls remparts à la crise, est aujourd’hui sur la sellette.
Hier, au Comité des mal-logés et des chômeurs du Port, l’ARCP a dénoncé la baisse des contrats aidés. Sur le plan national, la moitié des 400.000 emplois sera supprimée. À La Réunion, selon l’ARCP, il n’y aurait plus que 17.000 emplois aidés en 2011, contre 20.000 en 2009 et 50.000 en 2002. Ce qui fait dire à Jean-Hugues Ratenon : « nous allons vers la fin des emplois aidés, c’est la logique gouvernementale ». D’autant plus que la mesure s’accompagne d’une baisse de financements.

« Refuser la pire des politiques réactionnaires »

L’ARCP craint « l’effet domino » d’une telle mesure. Les emplois aidés permettent d’offrir une activité à ceux qui sont éloignés du marché du travail, mais ils répondent aussi à de réels besoins de service public. « Le soutien scolaire, la cantine, l’environnement, les hôpitaux », énumère Jean-Hugues Ratenon. De plus, la réduction des emplois aidés depuis 2002 aurait privé l’économie locale de 250 millions d’euros, avec en première ligne les commerces de proximité.
Faut-il encore rappeler la réalité ? 52% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, des prix 37% plus chers qu’en France, une économie en récession, avec 107.000 chômeurs (sur 800.000 habitants), 50.000 emplois à temps partiel, un jeune sur deux au chômage, 27.000 demandes de logements sociaux...
Cette même population va subir le plan de rigueur qui prévoit « un rabotage des aides sociales, des services publics, du budget des collectivités locales, des associations, et de la LBU qui finance les logements sociaux », la réforme des retraites aussi. Pour l’ARCP, la suppression des emplois aidés, c’est un peu la cerise sur le gâteau de la rigueur.
Nul doute que la situation sociale va se dégrader, soutient l’ARCP. Et « il est urgent d’agir pour refuser la pire des politiques réactionnaires, qu’elle vienne des réactionnaires nationaux ou pays, même des réactionnaires maquillés ».

EP


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