Luttes sociales

« L’état de catastrophe social doit être déclaré »

L’ARCP demande une table ronde au préfet

Témoignages.re / 2 octobre 2010

L’ARCP a demandé hier au préfet l’organisation d’une table ronde avec toutes les forces vives de La Réunion pour proposer des solutions spécifiques à l’urgence sociale. Une manifestation est prévue le 15 octobre au siège du Pôle emploi.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Hier, l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP) est allée demander au préfet d’organiser en urgence une table ronde pour proposer des solutions spécifiques à la situation sociale de l’île. Elle sollicite par ailleurs l’intervention du préfet auprès de l’État pour que « l’état de catastrophe social » soit reconnu et suivi de mesures adéquates. Pour montrer sa détermination, l’ARCP organise une manifestation le 15 octobre au siège social du Pôle emploi (Centre d’affaires Cadjee) à 9 heures.
Conseil régional, Conseil général, communes, parlementaires, syndicats, associations… Pour l’ARCP, les forces vives de La Réunion doivent s’unir afin de proposer des solutions à l’urgence sociale, face à un État qui ne prend pas la mesure de la situation. « Nous devons arriver à nous entendre sur l’essentiel, prendre en compte la situation de pauvreté qui grandit », affirme Jean-Hugues Ratenon.

Les pauvres payent la crise

Suite à l’assemblée populaire du 29 août dernier, l’ARCP a pris le pouls de la population dans les quartiers. « Il se dégage de ses consultations, une inquiétude grandissante et un manque total de visibilité pour l’avenir », indique Jean-Hugues Ratenon. L’ARCP voudrait que cette réalité humaine soit prise en compte. Cette réalité que les chiffres du Pôle emploi ne cachent pas. Le nombre de chômeurs a explosé de 47%. 74.990 demandeurs d’emploi en 2008, 110.140 aujourd’hui. Jean-Hugues Ratenon ajoute : « les budgets des CCAS sont en hausse, les colis alimentaires aussi ». Nadia Tancourt s’inquiète des 27.000 demandes de logements sociaux en souffrance, de la promiscuité des familles.
Pour l’ARCP, « le pire est devant nous ». Éric Parlier dénonce le rabot fiscal du gouvernement et les conséquences sur les emplois à domicile et ceux du photovoltaïque ; l’augmentation des frais de santé avec la baisse du remboursement des médicaments, la taxation de la téléphonie ; la loi de finances du budget 2011 qui porte un coup à la « solidarité ». « Le gouvernement est en train de faire payer aux plus pauvres la crise, alors qu’un pauvre à La Réunion est trois fois plus pauvre qu’en métropole », conclut-il.

EP


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