Luttes sociales

L’explosion sociale programmée

Pénuries d’emploi et de logement

Manuel Marchal / 6 septembre 2011

D’après Michel Fontaine, la première chose qui est demandée à un maire à La Réunion, c’est un emploi, la seconde c’est un logement. Ces deux pénuries sont les ingrédients de l’explosion sociale programmée. Mais le candidat UMP, comme d’autres élus, préfère dire que cette explosion n’arrivera pas…

« Quand on reçoit les gens en mairie, la première chose qu’ils vous demandent c’est un emploi, la deuxième c’est un logement » : c’est ce qu’a déclaré hier Michel Fontaine, candidat aux sénatoriales. Invité hier par Radio Première dans l’émission "Devant La Réunion", la tête de la liste UMP comprenant Didier Robert a donc voulu faire part de son expérience de maire.
Il affirme donc que les pénuries d’emploi et de logement sont les premiers motifs de rendez-vous avec un premier magistrat à La Réunion. C’est une situation très inquiétante, car le plan de rigueur du gouvernement va encore accentuer ces pénuries.
Le manque d’emploi et de logement est un facteur qui favorise l’explosion sociale. Or, le premier budget du plan d’austérité a diminué les crédits de la LBU destinée à la construction de logements sociaux, et a supprimé des postes dans la fonction publique à La Réunion. Ce plan d’austérité, il est imposé par l’UMP au pouvoir en France sous la direction de Nicolas Sarkozy. Or c’est précisément ce dernier que Michel Fontaine soutiendra l’an prochain à la présidentielle. Les deux têtes de liste UMP se rejoignent sur ce point.
Juste avant de livrer son expérience de maire, le chef de file de la liste de Didier Robert a affirmé qu’il faut arrêter de se faire peur : l’explosion sociale et la remise en cause du statut de département n’auront pas lieu. Car d’après lui, cela fait 40 ans qu’on en parle et cela n’est jamais arrivé.
Le maire de Saint-Pierre indique pourtant qu’il est souvent confronté aux ingrédients de l’urgence sociale, mais il préfère donc ignorer le danger en pensant que cela n’arrivera pas. Comme d’autres élus de son rang, il donne donc à la population des distractions pour qu’elle essaie d’oublier ses difficultés. Mais cette tactique "du pain et des jeux" a ses limites. La pénurie d’emploi fait qu’aujourd’hui, un jeune sur deux est au chômage, et ces jeunes sont diplômés. Ils ont été scolarisés pendant au moins 10 ans, et beaucoup ont le bac, c’est-à-dire qu’ils ont un niveau leur permettant d’aller dans l’enseignement supérieur.
Ces jeunes n’attendent pas des décideurs que ces derniers s’enfouissent la tête dans le sable en disant que l’explosion sociale ne peut pas arriver. Ils ont des propositions à faire valoir pour sortir le pays de la crise dans laquelle les gouvernements qui se sont succédé à Paris et leurs soutiens locaux ont maintenu le pays.

M.M.


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