Luttes sociales

« L’implosion sociale à La Réunion, c’est désormais possible » !

Saint-Pierre : mobilisation des Indignés 974

Jean Fabrice Nativel / 19 décembre 2012

D’un président de la République à un autre, les conditions de vie des Réunionnais les plus modestes changent-elles ? Réponse des Indignés 974.

Le mouvement des Indignés 974 se construit p’tit à p’tit. Dimanche mi-matinée au front de mer saint-pierrois, ses acteurs ont donné l’alerte sur plusieurs points. Un d’entre eux retient l’attention, car selon ce collectif « l’implosion sociale à La Réunion, c’est désormais possible » ! Et pour cause, ces chiffres effraient :

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• 400.000 Réunionnais (sur)vivent à la pauvreté,
• 160.000 pointent au Pôle emploi,
• 110.000 sont illettrés,
• 180.000 bénéficient du RSA,
• 30.000 attendent un logement…

Cette “fresque” est complétée par :

• le coût cher de la vie,
• la fermeture des petites et moyennes entreprises.

« La capacité à nous rassembler »

En plus cette année, des jeunes ont affiché leurs insatisfactions pour ne pas dire leur ras le bol face à un monde injuste. Ils revendiquaient tout simplement le droit à un emploi. A ce problème, le gouvernement socialiste a répondu par la mesure d’emplois d’avenir. Après une analyse, les Indignés 974 disent qu’« elle ne répond pas aux attentes des employeurs ». Et au bout de 7 mois de présidence soulignent-ils « les défis — cités ci-dessus — restent les mêmes ».

Voilà ce qui leur fait dire que tous les ingrédients de « l’implosion sociale » dans l’île sont réunis. C’est pourquoi ils préconisent la réalisation d’un projet global réunionnais. Cela passe « par la capacité à nous rassembler » et l’émergence d’une nouvelle génération de politiciens(ennes) au service des Réunionnais(es).

Dans pareil contexte, peut-on passer de bonnes fêtes de fin d’année ? Comme on le note, les conditions de vie des Réunionnais les plus modestes restent délicates.

On termine avec une parenthèse — ouverte et fermée aussitôt — sur la conférence nationale de la lutte contre la pauvreté. Elle les laisse sur leur « faim ».

JFN

La pauvreté en France

L’Observatoire des inégalités considère qu’une personne est pauvre « quand son niveau de vie (après impôts et prestations sociales) est inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil habituellement utilisé était de 50% du niveau de vie médian en France, tandis qu’Eurostat (organisme européen) privilégie le seuil à 60% qui est désormais le plus fréquemment publié. Le niveau de vie médian coupe la population en deux : autant gagne moins, autant gagne davantage ». La France compte entre 4,8 et 8,6 millions de pauvres selon la définition adoptée... Depuis 2002, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million.


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