Luttes sociales

L’inflation forte prépare une nouvelle aggravation

Indice des prix

Manuel Marchal / 16 juin 2011

2,8% d’inflation, soit 0,8 point de plus qu’en France pour les douze derniers mois. Voilà qui prépare une nouvelle aggravation de la situation, car le montant des revenus de la majorité de la population est calculé en fonction de la réalité économique de la France, qui n’est pas celle de La Réunion. D’où une vie encore plus chère pour les plus pauvres.

Dans notre île, il est certain que les prix sont plus élevés qu’en France, même l’État le reconnaît. C’est en effet une "prime de vie chère" qu’il verse à ses agents pour que ces derniers puissent avoir le même pouvoir d’achat qu’en France. Cette prime ne concerne pas la majorité de la population, celle qui vit en dessous du seuil de pauvreté ou juste au-dessus, elle date des années 50.

Or, que constate-t-on ? Selon les données de l’INSEE, le différentiel de coût de la vie augmente encore avec la France. Depuis 1998, les prix ont augmenté de près de 27% à La Réunion, contre environ 24% en France sur la même période. Les douze derniers mois mesurés ont contribué à creuser encore cet écart. Entre mai 2010 et mai 2011, l’indice des prix a augmenté de 2,8% à La Réunion, et 2% en France. C’est une tragédie pour le pays.

En effet, c’est à partir de la hausse des prix en France que sont calculés les revenus relevant des décisions de l’État. Cela concerne tous les travailleurs payés en fonction du SMIC, et qui sont souvent obligés de travailler à temps partiel pour moins de 700 euros par mois. Ce sont aussi les minima sociaux tels que le RSA, le minimum vieillesse ou l’AAH. C’est aussi à partir des éléments de la situation économique en France que l’État détermine le niveau des pensions de retraite.

Il est à noter également que de fortes hausses se sont produites sur les dépenses incompressibles. Que l’on soit pauvre ou riche, on est obligé de se nourrir, de se loger et de se transporter. Mais pour les plus démunis, les hausses dans ces postes de dépenses ont un poids considérable dans le budget. C’est ce qui s’est passé au cours des douze derniers mois : 3% de hausse dans l’alimentation, 12,8% d’augmentation du prix de l’énergie, 2,5% de hausse sur le poste transports et communication et 3,3% de croissance des prix des loyers. Exemple : en mai 2010, une bouteille de gaz coûtait 18,80 euros, un an plus tard, il faut débourser 20,31 euros pour le même produit, soit 1,50 euro de plus.
Toutes ces hausses sont plus importantes qu’en France, ce qui signifie que pour la population, cette inflation prépare une nouvelle aggravation de la situation.

M.M.


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