Luttes sociales

L’Intersyndicale du BTP demande une table ronde sur le tram-train

Avant le 31 mai

Témoignages.re / 27 mai 2010

En urgence, l’Intersyndicale du BTP demande au préfet d’organiser une table ronde pour faire le point sur le projet tram-train. Les syndicats veulent des solutions concrètes pour relancer le BTP.

Après la manifestation des professionnels du BTP la semaine dernière, l’Intersyndicale CGTR-CFDT-FO-CGC demande au préfet d’organiser une table ronde sur le projet tram-train avant le 31 mai. C’est en effet à cette date que le contrat entre la Région Réunion et le groupement Tram ’Tiss prendra fin. Mais la collectivité régionale demeure libre d’accorder un sursis de six mois maximum à ce contrat. À ce sujet, aucune annonce officielle n’a été faite de la part du président du Conseil régional Didier Robert. Mais celui-ci n’a cessé de répéter qu’en l’état, le projet tram-train ne peut être réalisé.
L’Intersyndicale demande donc une table ronde pour obtenir des réponses aux nombreuses questions avant la date fatidique du 31 mai. À t-on le droit de se priver du tram-train ? L’État étant partie prenante du projet, peut-il compléter ou pas la dotation ferroviaire ? Pourquoi ne pas organiser une séance plénière explicative avec l’ensemble des acteurs concernés ? Tram ’Tiss a annoncé qu’il disposait d’un projet moins coûteux, qu’en est-il précisément ? Comment peut-on faire des économies ? Si le projet tram-train ne se réalise pas, qui va payer les 300 millions d’euros au groupement Tram ’Tiss ? As-t-on bien pris la mesure de la situation ? Quel projet à la place du tram-train ? Combien d’emplois ? Quel calendrier ?
L’Intersyndicale veut des réponses claires et précises à l’occasion d’une table ronde qui réunirait l’État, l’actuelle ainsi que l’ancienne présidence du Conseil régional, Tram ’Tiss, la FRBTP, la CAPEB, la CCIR et les organisations syndicales des salariés. Un courrier a été adressé en ce sens au préfet ainsi qu’au président de la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion.
L’Intersyndicale prévient. « Il y a un avant 31 mai et il y aura un après 31 mai », affirme Max Banon de la CGTR. « Il faut que tous les politiques prennent en compte la situation sociale, notamment l’emploi », poursuit Jacky Balmine. Pour les syndicats, Didier Robert a « le devoir de demander un sursis de 6 mois » pour le projet tram-train. Il ne s’agit pas, insiste Jacky Balmine, de faire un troisième tour des élections régionales mais bien d’obtenir des réponses.
Les 300 millions d’euros proposés par le Conseil régional pour relancer le BTP semblent insuffisants pour l’Intersyndicale. « 300 millions d’euros pour 3.000 entreprises c’est 100.000 euros par entreprise à condition qu’un lot soit attribué à chacune », souligne Gilles Fontaine, de la CGTR.
Concernant le projet de la nouvelle route du littoral, l’Intersyndicale rappelle que rien ne sera construit avant 4 ans. « C’est de l’argent gelé pendant 4 ans. Ne laissons pas cet argent dormir et les fonds européens repartir », affirme Gilles Fontaine. Par ailleurs, l’Intersyndicale maintient toujours la nécessité de construire des logements sociaux. Jacky Balmine indique que « le BTP est le deuxième employeur à La Réunion. Un logement, c’est 1,5 emploi créé ».

EP