Luttes sociales

L’UFR demande un plan Marshall pour la jeunesse

Pauvreté et précarité

Sophie Périabe / 2 septembre 2010

L’Union des femmes réunionnaises (UFR) tire la sonnette d’alarme. Les jeunes sont les premières victimes de la crise, et leur avenir est bien sombre si l’on se réfère aux réformes engagées par le gouvernement. L’association demande au gouvernement une vraie politique en faveur des adultes de demain.

« C’est la première fois dans l’Histoire que nous avons de moins bonnes dispositions que nos parents pour réussir », a affirmé Alexis Chaussalet, président de l’Union nationale lycéenne (UNL) Réunion. Et cela résume assez bien le discours de la députée-maire de Saint-Paul et représentante de l’UFR, Huguette Bello.
Les jeunes sont la catégorie la plus touchée par la pauvreté et la précarité. Le taux de chômage chez les jeunes dépasse les 50% à La Réunion, soit deux fois plus que la moyenne nationale. « Malgré ce constat, les politiques en faveur des jeunes ne sont pas à la hauteur, ces jeunes qui sont l’avenir de notre pays ».
Pour Huguette Bello, le RSA Jeunes ne peut pas être une politique d’insertion. « Il faudra avoir travaillé deux années à temps complet. Ce dispositif ne concernera que très peu de jeunes ». La députée-maire déplore également la politique éducative de notre pays.
« L’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social », ajoute Alexis Chaussalet.

Les jeunes souhaitent devenir acteurs de leur avenir

« L’actuel président de la Région a fait des jeunes une priorité de sa campagne électorale, mais les actions tardent à venir », regrette le lycéen. « L’idée des ordinateurs portables pour chaque lycéen n’était pas une priorité », affirme le représentant de l’UNL. Selon une enquête réalisée par le syndicat lycéen sur les collégiens sortant de la commune de Cilaos, « 80% affirment que les ordinateurs portables n’étaient pas indispensables. Soit ils ont déjà un ordinateur chez eux, soit ils n’en ont pas et n’auront pas la possibilité de payer un abonnement Internet, etc. ».
L’UNL estime donc que la collectivité aurait dû privilégier les aides aux frais de scolarité, notamment la gratuité du transport, des manuels scolaires, des fournitures scolaires. « Un élève choisissant une orientation scientifique doit déjà débourser 150 euros seulement pour une calculatrice », indique Alexis Chaussalet.
L’Union nationale lycéenne demande donc au président de la pyramide inversée de mettre en place un Conseil régional des Jeunes pour que « nous puissions devenir acteurs de notre avenir et monter des projets utiles aux jeunes ».

 Sophie Périabe 


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