Luttes sociales

L’UFR mobilise contre la réforme des retraites

Les femmes les plus menacées par le recul social imposé par le gouvernement

Témoignages.re / 11 août 2010

Une dégradation programmée de la condition des travailleurs, dont les femmes seront les premières cibles : c’est le tableau qu’a dressé Huguette Bello de la « réforme » des retraites imposée par Nicolas Sarkozy, au cours d’une conférence de presse organisée par l’Union des femmes réunionnaises (UFR).

Chiffres à l’appui, Huguette Bello a rappelé les inégalités qui frappent les femmes dans la France contemporaine. Une plaie ouverte, bien plus profonde encore à La Réunion. « Le contexte est différent de celui de la Métropole », a-t-elle souligné.

Des inégalités criantes…

« Le taux d’activité est nettement moins élevé, l’emploi précaire plus important, le chômage plus élevé et le temps partiel en forte augmentation ». Moins de femmes ont accès à une activité salariée : s’il est vrai que les « Réunionnaises sont entrées massivement sur le marché du travail » au cours des 60 dernières années — elles sont passées de 20% de la population active en 1946 à presque 46% aujourd’hui —, « le taux d’activité demeure inférieur à celui observé en France métropolitaine ». A cela s’ajoute la « précarité », dont l’accroissement du travail à temps partiel et de l’emploi à courte durée sont des symptômes criants. Une fois de plus, les femmes sont les premières concernées : « 7 travailleurs à temps partiel sur 10 sont des femmes ». « Une situation subie » pour 85% d’entre elles. Le travail temporaire est lui aussi subi d’abord par les femmes et les jeunes. Le « chômage » est en progression : un mal qui ronge la société réunionnaise, devant lequel les femmes et les hommes sont là encore inégaux : « pour 10 chômeurs, 6 sont des femmes ». Pire : « les femmes sont moins représentées dans l’emploi à La Réunion : seulement 38% des femmes de 15 à 64 ans travaillent ».

… que creuserait encore la réforme des retraites

Des inégalités que n’a cessé de creuser le pouvoir de Nicolas Sarkozy, « détricotant de droit du travail », et « ruinant les 35 heures ». La « réforme » des retraites est un coup supplémentaire : les femmes réunionnaises seront particulièrement touchées par l’allongement des cotisations. Le nombre d’individus réduits au minimum vieillesse, déjà honteux — un tiers de la population contre 5% seulement en France — est donc appelé à s’accroître, là encore aux dépens des femmes.

Modèle de civilisation

Plus grave encore : la casse des retraites est un nouveau pas vers le « passage au système de capitalisation »… c’est-à-dire la destruction d’un « modèle de civilisation » imposé par le peuple au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Un modèle que cherche à renverser la logique sarkoziste, foulant au pied le droit au repos des séniors et le désir d’activité et d’autonomie des jeunes et des femmes. Face au problème de la retraite, dénonce Huguette Bello, « le Gouvernement néglige d’utiliser des leviers plus cohérents, comme lutter contre le chômage des jeunes et améliorer l’emploi des femmes », préférant « l’allongement de l’activité des séniors », qui défavorise bien évidemment ces derniers.

Refuser la casse sociale

Pourtant, l’emploi des femmes « est un domaine où les politiques peuvent jouer à fond », vivier d’activités à travers, entre autres, « le développement de structures d’accueil à la petite enfance et d’aide aux personnes dépendantes ». Refuser la casse sociale, imposer de nouvelles solutions : pour cela, l’UFR appelle à la mobilisation de toutes et de tous le 7 septembre prochain.


« Racisme »

Outre la réforme des retraites, la députée-maire de Saint-Paul a dénoncé l’ensemble du système qui s’installe sous l’égide du pouvoir sarkoziste. Un système fait de « discriminations » et de « racisme », s’est indignée Huguette Bello, en réponse aux déclarations scandaleuses de Nicolas Sarkozy et de sa clique envers les Roms.


Béatrice Leperlier : « la retraite est une affaire de jeunes »

Invitée, la conseillère régionale Béatrice Leperlier (Alliance) a souligné la nécessité d’impliquer la jeunesse dans le combat contre la réforme des retraites. « Cette réforme, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Elle va s’ajouter au massacre de la jeunesse, au massacre du marché du travail par l’arrêt des grands chantiers, au massacre d’une valeur fondamentale de notre société : la solidarité. Si les jeunes ne se sentent pas concernés, ils sont pourtant les premières cibles. Et au premier rang, les jeunes femmes, plus désavantagées encore que les jeunes hommes ». « Les droits de toutes celles et ceux qui rentrent aujourd’hui aux environs de 27 ans sur le marché du travail », a ajouté la plus jeune conseillère régionale de la République, qui appelle à « descendre dans la rue pour défendre les conquêtes sociales ».


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