Luttes sociales

L’urgence d’une nouvelle politique pour l’emploi

Plus de 181.000 demandeurs d’emploi au mois de mai

Manuel Marchal / 27 juin 2017

Les derniers chiffres du chômage sont parus hier. Ils annoncent plus de 181.000 demandeurs d’emploi à La Réunion. Cet état des lieux confirme l’échec des politiques menées ces 5 dernières années, et ce qui est prévu n’est guère rassurant.

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Comme tous les mois depuis de trop nombreuses années, les chiffres mensuels du chômage sont dramatiques. En mai dernier, plus de 181.000 Réunionnais étaient à la recherche d’un emploi. Parmi eux, près de 136.000 étaient totalement privés de travail pendant le 5e mois de l’année. Si la France vivait une telle situation, cela voudrait dire qu’elle compterait plus de 10 millions de chômeurs. Cela confirme bien que La Réunion reste un département socialement hors-norme.

La persistance du chômage de masse dans notre île ne doit rien à la fatalité. C’est la conséquence de politiques qui ne tiennent pas compte de la situation spécifique de La Réunion. Plutôt que d’accompagner l’évolution de La Réunion vers le statut de pays capable de disposer des industries et services nécessaires aux besoins d’une population en constante augmentation, d’autres choix ont été faits.

Choix politiques

Des gouvernements ont tenté de régler le problème démographique en recourant à l’émigration plutôt qu’au développement. L’agriculture qui était le premier employeur du pays a été sacrifiée sans que d’autres secteurs ne puissent compenser par leur dynamisme la suppression de dizaines de milliers d’emploi dans la canne à sucre, le géranium, la vanille notamment. Le dernier choc a été l’arrêt de la politique de grands travaux lancés par la Région dirigée par Paul Vergès entre 1998 et 2010. Des dizaines de milliers d’emplois prévus dans les chantiers actés par le Protocole de Matignon signé en 2007 et par la poursuite de la politique d’autonomie énergétique, il en reste à peine un millier pour le projet de la route en mer. C’est une réalisation qui nécessite des compétences tellement rares que les Réunionnais qui y travaillent se comptent uniquement en centaines.

Nouvelles menaces

Les chiffres diffusés par la DIECCTE et le Pôle emploi hier sont un état des lieux de La Réunion au moment de la prise de fonction du nouveau gouvernement. Mais il semble vouloir appliquer les mêmes recettes appliquées lors de ces 5 dernières années qui ont contribué à une hausse continue du nombre de chômeurs.

Il compte en effet aller plus loin dans la politique d’austérité pour réduire le déficit public. Et au nom d’une flexibilité d’un monde du travail qui est considéré comme un marché de l’emploi, ce gouvernement veut aller plus loin dans la régression sociale opérée en particulier par la loi El-Khomri. Le gouvernement peut s’appuyer sur une majorité absolue à l’Assemblée nationale pour mener cette politique. Les premières mesures viseront à modifier le Code du Travail afin de le rendre moins protecteur. Les licenciements seront facilités. L’idée d’une généralisation du CDI de mission risque de faire tomber les dernières barrières qui empêchent une précarité généralisée. Toutes ces mesures visent à empêcher au maximum les recours en cas de licenciement abusif.

Préserver les droits sociaux

Si ce gouvernement arrive à ses fins, alors les conséquences seront considérables à La Réunion. Dans un pays où le taux de chômage est trois fois supérieur à celui de la France, toute mesure ayant pour but de réduire les droits des travailleurs ne fera qu’aggraver la situation. À cela s’ajoutent les effets de la mondialisation qui menacent tout le secteur productif concurrencé non seulement par l’Europe mais aussi par les pays voisins.

Tout cela aura alors pour conséquence de contribuer à une nouvelle augmentation du chômage. Cela peut conduire La Réunion à devenir une île où le nombre des salariés sera inférieur à celui des chômeurs.

Face à cette menace, les forces vives seront-elles capables de s’organiser pour faire entendre une autre voix ?

Car la seule issue pour inverser la courbe du chômage est un changement profond qui devra se faire en préservant les droits sociaux acquis de haute lutte au cours des dernières décennies. Ces droits constituent en effet un minimum qui n’est pas négociable eu égard à l’état de la société réunionnaise.

M.M.



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  • Vive le retour du train, cette fois-ci électrique, pourvoyeur d’emplois durables, un TER PEI vitrine de ce que l’on peut faire aussi dans la région où tant de choses intelligentes sont à faire au lieu de continuer voire même bruler des énergies fossiles polluantes, bonjour pour nos poumons, ceux de nos enfants, nés ou à venir avec ses particules issues de la combustion du diésel, malgré les pots catalytiques. Une abération quand on y pense ! Osons penser au long terme pour qu’il soit tout simplement viv Arthur qui regarde tous ces véhicules qui fument encombrent, vivement autre chose ici et aileurs, comme les énergies, volcan, houle, soleil, vent, tout est présent ici, à quand un changement enfin positif ici ?

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