Luttes sociales

L’urgence de créer des emplois pour les Réunionnais à La Réunion

60% des jeunes Réunionnais au chômage selon l’INSEE

Céline Tabou / 15 mars 2012

D’après une étude de l’Insee, publiée mercredi 14 mars, l’Outremer ne crée pas assez d’emploi. En effet, l’institut explique le déséquilibre entre l’offre et la demande d’emploi, qui conduit 60% des jeunes Réunionnais au chômage. C’est l’impasse d’un système. Pour en sortir, il existe des propositions pour créer des emplois.

L’Institut national de la statistique et des études économiques a révélé les résultats de deux études, l’une sur l’emploi dans l’Outremer et l’autre sur le chômage des jeunes à La Réunion. Ces deux études mettent en évidence une aggravation de la situation, car « dans chaque département d’outre-mer, plus d’un actif sur cinq est au chômage, avec un record à La Réunion (29%). Le taux d’emploi dans les DOM est inférieur de 18 points à celui de métropole », a indiqué l’Insee.

Record de chômage

« En 2011, 29,7% des actifs réunionnais âgés de 15 à 64 ans sont au chômage, ce qui est le taux le plus élevé des DOM. (…) En France métropolitaine, le taux de chômage s’élève à 9,3% ». Face à cette situation, le Parti Communiste Réunionnais fait une série de propositions dans un projet de développement, présenté et approuvé le 18 février 2012, à Sainte-Suzanne. À cette occasion, le PCR a suivi le mot d’ordre de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion, la « priorité à l’emploi des réunionnais ». Dans ce cadre, les entreprises privées et les institutions devront passer par le Pôle Emploi qui pourrait délivrer une attestation d’absence de compétence réunionnaise et une convention pour que le Pôle Emploi se charge de tous les recrutements dans l’île.

Propositions du PCR

Parmi les nombreuses mesures, le PCR souhaite la création de deux grands services d’utilité collective, le service à la personne et la protection de l’environnement. Le PCR propose donc de développer une économie solidaire ou alternative, créatrice de milliers d’emplois, basée sur la mutualisation des dispositifs d’emplois aidés et la solvabilité de certains secteurs. De plus, la relance des grands chantiers « permettrait de construire 9.000 logements par an » et de développer l’activité dans des services marchands et non marchands. Car le secteur public reste le principal employeur de l’île, car « à La Réunion, rapporté au nombre d’habitants, les emplois du secteur public sont au même niveau qu’en France métropolitaine : 11 pour 100 habitants ». Le PCR s’alarme et interpelle les candidats à l’élection présidentielle et les acteurs politiques locaux sur l’urgence de la situation, « l’emploi doit être la priorité absolue. Si le règlement du problème de l’emploi relève principalement du développement économique et de l’ouverture de nouveaux horizons pour opérer un changement », indique le Pacte de développement durable, solidaire et responsable pour La Réunion transmis aux candidats à la présidentielle.

Céline Tabou

L’article de l’Insee

• 60% des jeunes actifs sont au chômage

Au deuxième trimestre 2011, le taux de chômage à La Réunion atteint 29,5% de la population active. Il touche désormais 102.000 personnes, soit 3 000 de plus qu’en 2010. Le chômage a très fortement augmenté depuis le début de la crise, passant de 24,8% en 2008 à 29,0% en 2010 et se maintient à un niveau très élevé en 2011 : + 0,5 point.

Les femmes sont plus au chômage que les hommes (31,8% contre 27,5%). Cette situation perdure depuis de nombreuses années, mais l’écart s’accentue entre 2010 et 2011. Le taux de chômage des femmes augmente de 1,8 point tandis qu’il baisse pour les hommes de 0,7 point.

• Le chômage des jeunes s’aggrave encore

Les jeunes sont les plus touchés par le chômage. En 2011, 60% des actifs de 15 à 24 ans sont au chômage. Ils supportent la hausse la plus forte : + 4,1 points depuis 2010 et + 8,8 points depuis 2007. Ils sont aussi de plus en plus touchés par le chômage de longue durée : 64% des chômeurs de 15 à 24 ans le sont depuis plus d’un an contre 50% en 2010. Dans le secteur marchand, seulement 39% ont un CDI contre 79% pour les 15-64 ans. Ils sont ainsi les plus touchés par la crise en vertu de l’adage « dernier arrivé, premier sorti ».

Le taux d’emploi reste stable : 43% des 15-64 ans travaillent. L’emploi non-salarié progresse tandis que l’emploi salarié subit le contrecoup d’une baisse ponctuelle des personnes en contrat aidé au deuxième trimestre. Seul le taux d’emploi des jeunes diminue (– 1,8 point). En 2011, 12% de l’ensemble des jeunes de 15 à 24 ans travaillent.

• L’activité des femmes et des seniors progresse

La population en âge de travailler augmente en 2011 : 563.000 personnes sont âgées de 15 à 64 ans, soit 7.600 de plus qu’en 2010. Cette augmentation résulte d’une génération des jeunes de 15 ans plus fournie que celle âgée de 65 ans.

Les entrées en activité sont plus nombreuses que les sorties. Le taux d’activité reste stable : 61% des personnes en âge de travailler sont actives.

Le taux d’activité des femmes, traditionnellement faible à La Réunion, poursuit son rattrapage. Il a progressé de 5,8 points depuis 2007 et atteint 55,4% en 2011. C’est encore dix points de moins que les femmes de France métropolitaine. Cette progression est due principalement aux seniors. Le taux d’activité des femmes âgées de 50 à 64 ans a grimpé en flèche depuis 2007, passant de 40% à 48%. En période de chômage de masse, les femmes sont amenées davantage à se porter sur le marché du travail pour compenser d’éventuelles pertes de revenus du ménage.

• Les jeunes se désengagent du marché du travail

L’activité des moins de 35 ans baisse, surtout chez les hommes. Le taux d’activité baisse de 3,7 points chez les hommes et de 1 point chez les jeunes femmes. Découragés par le niveau du chômage, les jeunes sont moins nombreux à s’engager sur le marché du travail.

Le halo autour du chômage reste stable par rapport à 2010 : 34.500 inactifs souhaitent travailler.

En revanche, sa composition change. Il est nourri d’un côté par des chômeurs découragés qui ne font plus de recherches actives, mais qui souhaitent toujours travailler. D’un autre côté, des femmes qui auparavant ne faisaient pas de recherches actives pour trouver un emploi quittent le halo et se portent désormais plus nombreuses sur le marché du travail.


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