Luttes sociales

La banque mondiale et l’OIT annoncent une initiative en faveur de la protection sociale universelle

Assemblée générale de l’ONU

Témoignages.re / 23 septembre 2016

Le nouveau partenariat va étendre les mesures de protection sociale à l’échelle mondiale dans le cadre des efforts de lutte contre la pauvreté et les inégalités de revenus. De nouvelles données montrent que beaucoup de pays en développement ont déjà instauré des régimes universels.

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Le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, Guy Ryder.

Les dirigeants mondiaux et les dirigeants de la Banque mondiale et de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ont uni leurs forces pour mettre en place la protection sociale pour tous. Le nouveau Partenariat mondial pour la protection sociale universelle , annoncé au cours de l’Assemble générale des Nations Unies , a pour but d’aider les pays à étendre à toutes les populations pauvres et vulnérables toute une série de mesures garantissant que personne n’est privé d’accès aux principales formes d’aide dont il a besoin.

S’exprimant dans le cadre de cette réunion, le Président du Groupe de la banque mondiale, Jim Yong Kim, a déclaré : « La protection sociale est un moyen de réduire la pauvreté, de renforcer l’égalité entre hommes et femmes, de diminuer les inégalités économiques et de promouvoir des emplois de qualité. Si beaucoup de pays en développement ont déjà mis en place des régimes universels conçus pour ne laisser personne de côté, seule une personne sur cinq est actuellement couverte par la protection sociale dans les pays à bas revenus. J’accorde beaucoup d’importance au fait que nous soyons réunis pour aider collectivement les pays à combler ce déficit de couverture sociale. »

La couverture de protection sociale universelle répond parfaitement au double objectif de la Banque mondiale, à savoir éradiquer l’extrême pauvreté et favoriser la prospérité partagée dans le monde d’ici à 2030 ; elle est aussi au cœur du mandat de l’OIT, fondé sur ses normes relatives à la sécurité sociale et notamment la recommandation (n° 202) sur les socles de protection sociale adoptée par 185 Etats en 2012.

Le nouveau partenariat, soutenu par ces deux organisations, rassemble des partenaires engagés dans le développement, tels que l’Union africaine, la FAO, la Commission européenne, Helpage, l’OCDE, Save the Children, le PNUD-CIP, l’UNICEF, ainsi que les agences de coopération technique allemande, belge et française.

Les données publiées mercredi par les membres du partenariat montrent que plus de 30 pays à revenu faible ou intermédiaire ont déjà mis en place des régimes universels ou quasi universels. Plus de cent autres renforcent leur protection sociale et l’extension des prestations à de nouvelles catégories de population progresse vite. La protection sociale universelle est le plus souvent une réalité pour les pensions de vieillesse. Ces exemples illustrent que la protection sociale universelle est à la portée d’autres pays, en particulier ceux qui ont un revenu faible ou intermédiaire.

Le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, Guy Ryder, a salué les efforts de ces pays de tous les continents, et notamment la Chine, la Namibie et la Thaïlande.

« Notre objectif commun est d’augmenter le nombre de pays qui fournissent une protection sociale universelle, d’aider ces pays à concevoir des systèmes de protection sociale pérennes et universels et à les mettre en œuvre », a déclaré M. Ryder.

L’OIT estime que l’ensemble du socle de protection sociale pour tous les groupes vulnérables, des enfants et des mères aux personnes âgées, coûterait entre 1 et 5 pour cent du PIB dans la plupart des économies à revenu intermédiaire.

L’Objectif de développement durable 1.3 des Nations Unies demande l’instauration de systèmes et de mesures de protection sociale pour tous, adaptés au contexte national, d’ici à 2030.

Selon la définition de l’OIT, la protection sociale universelle comprend : des transferts monétaires d’un montant suffisant pour tous ceux qui en ont besoin, en particulier les enfants ; des prestations et des aides aux personnes en âge de travailler – en cas de maternité, d’invalidité ou d’accident du travail – et aux personnes sans emploi ; des pensions pour toutes les personnes âgées. Cette protection peut être fournie dans le cadre de l’assurance sociale, de prestations sociales financées par l’impôt, de services d’assurance sociale, de programmes de travaux publics et d’autres dispositifs garantissant la sécurité élémentaire du revenu.


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