Luttes sociales

La CFDT dénonce des dysfonctionnements

Enseignement privé catholique

Témoignages.re / 5 septembre 2013

Rappel des particularités de l’enseignement privé : les établissements d’enseignement privé catholique sont sous contrat d’association avec l’État. Les maîtres, agents de droit public, sont payés et contrôlés par le Rectorat, ils ont passé les mêmes concours que leurs collègues du public (agrégation, CAPES). Chaque établissement est géré par une association de droit privé, l’OGEC (Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique : exemple : l’OGEC Levavasseur, l’OGEC Maison Blanche, etc. Cet OGEC reçoit les contributions des familles et les subventions publiques (Mairies, Conseil Général et Région) et paye les salariés de droit privé qui travaillent dans l’école ainsi que le Directeur. Ce dernier est donc un salarié de droit privé. Les OGEC de La Réunion ont constitué une Union Régionale, une « UROGEC », association dotée d’un Conseil d’Administration et d’un Président. Chaque établissement est doté d’une association de parents d’élèves, l’APEL, qui a ainsi le monopole de la représentativité. Ces APEL, comme les OGEC, sont regroupées au sein d’une Union Régionale, l’URAPEL.

Les dysfonctionnements

- Le suicide d’un jeune collègue de Maison Blanche (Le Guillaume) en février 2013 a provoqué beaucoup d’émoi dans cet établissement. La FEP-CFDT a demandé au Procureur de la République l’ouverture d’une enquête afin de savoir ce qui a provoqué ce geste fatal au sortir de l’établissement. (…) Cette affaire pose le problème du statut des Directeurs du Privé qui, n’étant pas fonctionnaires, n’ont pas de comptes à rendre à une hiérarchie comme les chefs d’établissements du public. Elle montre en tout cas une carence en matière de formation en RH dans le cursus des Directeurs d’établissements catholiques.

C’est pourquoi la FEP-CFDT demande à ce que tous les Directeurs d’établissements privés catholiques suivent une véritable formation en gestion des Ressources Humaines.

- Agression d’un professeur au collège Maison Blanche en mars 2013 par un parent délégué. (…) Il n’a reçu aucun soutien du Directeur-adjoint du collège qui était pourtant présent sur les lieux après ce violent incident. (…)

Nous encourageons nos collègues enseignants, victimes d’agressions verbales et évidemment physiques, à porter plainte systématiquement auprès du Procureur, à alerter leur employeur, le Rectorat et nous demandons aux Chefs d’Etablissements de les défendre fermement contre les parents abusifs. Nous demandons par ailleurs à l’URAPEL de veiller à mettre en place une formation de ses délégués et responsables d’établissements.

- Graves dysfonctionnements dans les mutations du 1er degré. Les mutations y sont gérées par une Commission Départementale de l’Emploi (CDE) paritaire et présidée par le Directeur Diocésain mais c’est le Recteur qui, in fine, nomme les maîtres dans le cadre du contrat d’association (droit public). (…)

Nous demandons au Rectorat, seul employeur des maîtres du privé sous contrat d’association de veiller à l’application des textes dans le 1er degré. Un nouveau Directeur Diocésain est nommé depuis le 1er août, nous souhaitons qu’il veille lui aussi au strict respect des textes sur l’emploi et au bon fonctionnement de cette commission.

- Le Président de l’UROGEC, c’est en quelque sorte, le « patron des patrons » de l’enseignement catholique, on attend lui un minimum de respect des personnels et du droit du travail. Or, quand on voit les conditions dans lesquelles il a annoncé brutalement à une salariée qu’elle était licenciée sans aucun motif sérieux, on s’interroge sur le respect que ce Président de l’UROGEC porte au droit du travail et aux valeurs prônées par l’Enseignement Catholique. (…)

La FEP-CFDT souhaite un véritable renouvellement des responsables au sein de l’UROGEC et que les Président d’OGEC suivent désormais une véritable formation en droit du travail.

Le Secrétaire général

Jean-Pierre Marchau


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