Luttes sociales

La CGT dénonce « une grave régression des droits sociaux »

Réactions en France

Témoignages.re / 15 janvier 2013

Suite à son Bureau confédéral qui s’est tenu hier, la CGT a publié un communiqué que nous reproduisons ci-après.

« Le Bureau confédéral de la CGT confirme l’avis négatif de la délégation CGT sur l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 qui modifierait profondément le Code du Travail.
Ce texte marque une grave régression des droits sociaux des salariés et va a contrario des objectifs fixés par la "Grande Conférence sociale" et celle de la "lutte contre la pauvreté". Il contient de multiples dispositions pour faciliter les licenciements et accentuer la flexibilité.
Le chantage à l’emploi est généralisé par des accords permettant la baisse des salaires et l’augmentation du temps de travail, ce sont les accords de "compétitivité/emploi" voulus par Nicolas Sarkozy.
La thèse du MEDEF est le principal fil conducteur de cet accord : « les licenciements d’aujourd’hui feront les emplois de demain ».
Il serait inconcevable que la majorité parlementaire et le Gouvernement, issus des élections de mai 2012, entérinent dans la loi les reculs sociaux dictés par le MEDEF.
Le Gouvernement, qui se dit attaché au Dialogue social, doit prendre en compte le rejet de cet accord par les syndicats représentant bien plus de salariés que les syndicats potentiellement signataires.
La CGT attend du gouvernement un projet de loi d’une toute autre nature, qui protège les salariés contre les licenciements et la précarité.
La CGT va amplifier sa campagne d’information par l’édition d’un journal tiré à deux millions d’exemplaires à destination des salariés pour favoriser leur mobilisation dans les semaines à venir ».

Aile gauche du PS : « cet accord n’est pas acceptable »

Emmanuel Maurel, membre du bureau national du PS, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS, et Jérome Guedj, député PS, ont publié un communiqué hier affirmant que cet accord « contient de nombreuses régressions sociales que les quelques avancées ne peuvent en aucun cas justifier ».

Ils notent que « l’accord prévoit des clauses contraires aux engagements de la gauche et du candidat à la présidentielle ».

« Nous continuons de penser que le redressement économique et social pour lequel nous nous battons et auquel s’est engagé le Président de la République ne passera pas par un accroissement de la précarité des salariés et une remise en cause du droit du travail. Après l’abandon de toute initiative pour lutter contre les licenciements boursiers, de nouveaux reculs, non conformes aux engagements du candidat, ne sauraient voir le jour », affirment ces trois membres de l’aile gauche du PS.

Satisfaction d’un ancien conseiller de Sarkozy

Dans "le Figaro", Michel Soubie, conseiller de l’ancien président de la République dans le domaine social, se félicite de la signature de l’accord de vendredi. Voici pourquoi :

« C’est incontestablement un bon accord. J’ai toujours pensé qu’une loi sociale était plus efficace après une négociation réussie, et c’est le cas. Les négociateurs ont eu le courage d’avancer sur des sujets difficiles dans un environnement économique et social fortement dégradé. Les thèmes traités, dont certains sont dans le paysage depuis des années, sont nombreux et on ne peut que s’en féliciter. (…)

Le texte auquel sont parvenus les partenaires est au final un formidable pari sur l’avenir dont nul ne peut dire, à ce stade, à quel point il sera payant ou non. (…)

C’est en tout cas une victoire claire pour Laurence Parisot, comme pour Patrick Bernasconi, le "chef de file" de la délégation patronale qui a été à la manœuvre. C’est une belle victoire également pour Laurent Berger, le nouveau secrétaire général de la CFDT, qui ne pouvait pas se permettre d’entamer son mandat avec un échec de cette négociation qui est dans l’ADN de son organisation. Le gouvernement sort également renforcé de cette issue positive, car il aurait eu le plus grand mal à faire adopter une loi sociale aussi complexe et large sans s’appuyer sur un accord. »


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