Luttes sociales

La CGTR-EDF choisit l’apaisement

Menace de coupure de courant

Témoignages.re / 12 janvier 2011

« Nous sommes conscients que notre mouvement est impopulaire. Nous ne voulons pas en rajouter une couche », a lancé hier Patrice Atchicanon, délégué syndical CGTR à EDF, en faisant référence à la menace de grève illimitée qui plane au sein de l’entreprise publique. Une menace qui provoque la colère de nombreux Réunionnais qui ont fait part de leur mécontentement sur les ondes des radios et les sites d’actualité réunionnais.

Dans un communiqué datant du lundi 10 janvier, la CGTR appelait à la mobilisation des salariés d’EDF le jeudi 13 janvier à 10 heures devant la Préfecture. Une mobilisation qui faisait craindre le début d’une grève illimitée à EDF et donc de nouvelles perturbations sur le réseau électrique réunionnais.
Ce qui a provoqué la colère de nombreux Réunionnais qui ont déjà été touchés par des coupures de courant du 2 au 4 janvier, lors de la grève des salariés de la Séchilienne Sidec. 

Face à cette situation, le syndicat a souhaité jouer la carte de l’apaisement : « Nous ne sommes pas prêts à couper tout, car nous savons que les conséquences seront graves. Nous allons essayer d’être responsables jusqu’au bout », affirme Patrice Atchicanon. Le syndicat assure donc qu’il n’y aura pas de coupure de courant ce jeudi. « Les salariés se retrouveront en assemblée générale le vendredi et décideront des actions à mener par la suite. Tout dépendra de ce que le préfet nous répondra », explique-t-il. Néanmoins, la CGTR n’écarte pas définitivement la menace de coupures. « Si nous n’avons pas de moyens de pression, comment obtiendrons-nous nos 53% de prime ? Les paroles ne suffiront pas pour obtenir gain de cause. La Direction nous enverra constamment aux calendes grecques », justifie Patrice Atchicanon. « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », ajoute-t-il. « Mais nous devrons trouver le juste milieu », nuance-t-il. 


Les salariés d’EDF, comme ceux de la Séchilienne Sidec, demandent l’alignement de leur salaire sur ceux de la fonction publique, soit une prime de vie chère de 53%. Ils fondent leur revendication sur l’interprétation d’un article de leur statut. « Nous avons entendu à la radio des gens dire que nous sommes des nantis. À EDF, il y a de tout. Des contrats aidés, des contrats d’insertion, des ouvriers, des fonctionnaires. Nous nous battons pour tout le monde », a insisté le représentant syndical. Pour l’heure, la Direction de la Séchilienne a saisi le Conseil d’État pour demander l’interprétation de cet article.
La CGTR devrait également déposer une requête en contradictoire auprès de la Haute juridiction administrative.

 Par ailleurs, Patrice Atchicanon a indiqué qu’une anomalie a été signalée à la centrale thermique du Gol. Une tranche devra donc être arrêtée pour 24 à 48 heures, soit une perte d’énergie de 50 Megawatt environ. « Pour ne pas pénaliser la population, les salariés ont décidé de remettre en marche les tranches du Gol et de Bois-Rouge qui étaient à l’arrêt le temps des réparations. Une fois la tranche réparée, nous reviendrons à 75% de production d’énergie pour continuer à faire pression sur la Direction », signale le délégué syndical CGTR.

 Lors de l’annonce de la suspension de la grève à la Séchilienne Sidec le 4 janvier dernier, la CGTR avait indiqué que les machines seraient remises en marche aux centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge à 75% de leur puissance de production d’énergie.



Mounice Najafaly pour www.ipreunion.com


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