Luttes sociales

« La CGTR travaillera à traduire en lutte l’exaspération sociale »

Après la victoire de la CGTR aux premières élections dans les TPE

Témoignages.re / 24 décembre 2012

La CGTR est sortie largement en tête des premières élections dans les entreprises de moins de 11 salariés. Dans un communiqué diffusé hier sous la signature de son secrétaire général Ivan Hoareau, le syndicat se félicite de la victoire, fruit d’une mobilisation militante. La CGTR pointe la responsabilité de l’État dans le faible taux de participation à ce scrutin.

« Avec 44,30% des suffrages exprimés et comme pour les élections prud’homales, la CGTR arrive très largement en tête des élections dans les TPE. Dans ces 2 élections, plus de 4 votes sur 10 sont CGTR.

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Certes, le faible taux de participation (5,45%) interpelle. Et accuse principalement l’État qui s’est soucié comme d’une guigne d’une élection concernant plus de 4,6 millions d’électeurs dans l’hexagone et près de 50.000 à La Réunion.

« La crise est devant nous »

Cette victoire est à l’actif d’une mobilisation militante, de cette force militante qui nous caractérise. Elle traduit une action de terrain s’appuyant sur et participant d’une crédibilité toujours reconnue. La représentativité de la CGTR est non seulement incontestable mais aussi incontestée.

Les tentatives de recentrage ou de constitution d’un bloc syndical « modéré » sont désavouées dans les urnes.

La crise est devant nous.

La politique d’austérité gouvernementale de droite comme de gauche, le capitalisme frappera de plein fouet les travailleurs.

Le patronat s’appuie sur cette crise pour mettre à bas les derniers droits sociaux. Pour changer de société vers plus d’individualisme, d’aggravation des fractures sociales, de marchandisation de la société dans son ensemble où seuls les « gagneurs » gagneront. La discussion nationale sur la fléxi sécurité le montre clairement, ici les menaces sur les cotisations sociales également.

La situation s’aggravera certainement en 2013 et les inégalités avec ! Et les plus pauvres en seront les plus durement touchés. Le niveau de vie de beaucoup de salariés en emploi ou privés d’emploi, de jeunes et de seniors, de femmes, de bénéficiaires de minima sociaux, de retraités baissera.

Pour une autre répartition des richesses

Sans la lutte, sans la mobilisation, les travailleurs n’obtiendront pas d’avancées. Une seule solution : créer le rapport de force pour que les salariés ne payent pas la crise dont ils ne sont pour rien ! Pour leurs revendications.

La CGTR travaillera, dans l’unité et sur des objectifs clairs, à traduire en lutte l’exaspération sociale. Autant que faire se peut, elle posera les revendications des salariés comme la nécessité d’une hausse des salaires, des retraites et des minima sociaux ; celle d’un autre mode de développement bâti sur une autre répartition des richesses.

Dans cette période trouble, elle apportera ses propositions en veillant à clarifier là où c’est flou trop souvent volontairement.

La CGTR continue de marquer fortement le paysage syndical à La Réunion. Les résultats électoraux lui imposent l’obligation d’être toujours plus à l’écoute des travailleurs et de les organiser. »

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Voici les résultats du scrutin communiqués par la Préfecture. Le taux de participation de 5,45% est une conséquence de l’organisation, estiment la CGTR et la CFDT. Dans les suffrages exprimés, la CGTR arrive largement en tête devant la CFDT et FO.

La CFDT pour de nouvelles structures de dialogue social

Dans un communiqué, l’UIR-CFDT demande que les nouveaux représentants des salariés élus dans les TPE puissent siéger dans une instance de dialogue social territorial.

« La première élection dans les entreprises de moins de 11 salariés s’est terminée le 21 décembre. A La Réunion 49 950 salariés ont été appelés à voter.

Les mauvaises conditions d’organisation du vote : réception du matériel de vote des jours après l’ouverture du scrutin, le manque de communication institutionnelle, le vote sur sigle où les salariés n’élisaient personne n’ont pas permis l’expression d’ une majorité de salariés des TPE. Le taux de participation a été de 5.45%.

La CFDT recueille 26.12% des suffrages exprimés et affirme sa place de seconde organisation syndicale dans les TPE.

Ce résultat est le fruit d’un long travail en direction de salariés d’entreprises dépourvues de représentation syndicale, où le dialogue social reste à construire et où les inégalités en matière de droits sont les plus fortes.

La CFDT attend maintenant que toutes les leçons soient tirées de cette élection. Elle revendique la mise en place de structures de dialogue social territorial, dans lesquelles doivent siéger des salariés des TPE élus par leurs collègues de travail.

C’est ce type d’élection qui doit être la base de la mesure de la représentativité. Ce qu’une partie du patronat et la précédente majorité parlementaire avaient refusé ».
En France : la CGT en tête

Comme à La Réunion, le taux de participation est resté faible, avec à peine 10% des électeurs qui sont venus voter.

La CGT est arrivée en tête, avec 30% des voix, devant la CFDT (19%), FO (15%) et l’UNSA (7%)

La CGT se satisfait de ce résultat. Comme à La Réunion, la CFDT revendique la mise en place de structures de dialogue social territorial.

Il est à noter que cette élection est une des trois qui entre dans le calcul de la représentativité des syndicats. Les deux autres sont les élections des comités d’entreprise ou des délégués du personnel dans les entreprises d’au moins 11 salariés, et les élections des représentants des salariés agricoles à la Chambre d’agriculture.

Pour être représentatif, un syndicat doit obtenir au moins 8% des voix.

Pour cette élection, seules la CGT, la CFDT, FO et l’UNSA répondent à ce critère.


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