Luttes sociales

La Commune du Port solidaire du combat des travailleurs de la SIB « pou fé rèspèkt anou »

2ème jour de grève de la faim de Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère à la SIB

Correspondant Témoignages / 19 février 2014

Après les visites du conseiller général communiste Henri Hippolyte et de dirigeants du Parti Communiste Réunionnais lundi à la Société Industrielle de Bourbon (SIB), les deux travailleurs en grève de la faim depuis deux jours dans la cour de cette entreprise portoise ont reçu de nouveaux soutiens ce mardi. Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère ont notamment reçu en fin d’après-midi la visite d’une délégation de la municipalité de Port, représentée par son maire, Jean-Yves Langenier, et deux autres élus, également dirigeants syndicaux de la CGTR : Michel Séraphine et Danio Ricquebourg. Ces élus étaient aussi accompagnés par un représentant de la Section communiste du Port, Alain Dreneau.

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Les élus du Port — Jean-Yves Langenier, Michel Séraphine et Danio Ricquebourg — saluent les grévistes de la faim — Jocelyn Rivière et Jean-Jacques Ferrère — à leur arrivée dans la cour de la SIB. Des échanges très intéressants et chaleureux ont eu lieu entre les élus du Port et les travailleurs de la SIB.

Ces personnalités ont exprimé le soutien de la Commune au combat des travailleurs de la SIB « pou fé rèspèkt anou » face au traitement scandaleux dont ils sont victimes de la part des patrons de Cogate-Palmolive qui commandent cette entreprise réunionnaise. Pour Jean-Yves Langenier, « ils sont traités de façon absolument révoltante et ils luttent avec raison pour le respect de leur dignité. C’est pourquoi, tous les Réunionnais épris de justice sont appelés à soutenir cette lutte exemplaire ».

Cette solidarité est d’autant plus importante que les résultats de la réunion organisée hier matin à la préfecture, où « Jean-Luc Marx, préfet de La Réunion, a souhaité rencontrer les dirigeants de la Société industrielle de Bourbon (SIB) pour évoquer l’avenir du site et de ses salariés, en présence de la sous-préfète de Saint-Paul et du directeur des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIECCTE) », n’ont pas été très positifs. Et cela malgré la déclaration officielle de la Préfecture, selon laquelle « les services de l’Etat assureront un suivi très vigilant des mesures à mettre en œuvre pour le maintien de l’emploi ».

« Bann la i désid de nout avnir san nou »

En effet, comme l’ont souligné les grévistes de la faim aux élus du Port et comme nous l’a expliqué Philippe Duverger, délégué du personnel CGTR à la SIB, tout d’abord, « les travailleurs n’ont pas été invités à cette rencontre à la préfecture, alors qu’ils sont les premiers concernés et qu’une délégation du personnel est venue sur place ; bann la i désid de nout avnir san nou ; zot i rofuz touzour nout propozision ; et quand les patrons de la SIB sont sortis de la préfecture, ils ne nous ont rien dit, ils ont couru dans leur voiture ; comment peut-on avoir un tel mépris envers les travailleurs qui n’ont cessé d’assurer — souvent avec beaucoup de fatigue et de difficultés — la réussite et les richesses de notre entreprise ? ».

C’est pourquoi la mobilisation continue face à la menace de supprimer les 33 emplois de la SIB car « la réponse à nos attentes est honteuse, nous sommes victimes de mensonges sur les soi-disant difficultés de l’entreprise et nous n’avons aucun pouvoir de décision ; ce sont les patrons de Colgate-Palmolive là-bas en France qui donnent les consignent aux dirigeants de la SIB et qui veulent nous imposer leurs choix arbitraires », déclare Philippe Duverger.

« Le maintien des emplois »

Une nouvelle réunion est prévue ce mercredi matin à la SIB avec les représentants du personnel. « C’est pourquoi nous restons vigilants et déterminés pour faire respecter nos droits », conclut le responsable syndical CGTR.

On verra quelle suite sera donnée aux engagements du préfet sur « la nécessité que les négociations en cours avec les représentants du personnel se poursuivent dans les conditions d’un dialogue social de qualité », notamment « dans le souci premier de garantir la pérennité d’une activité industrielle sur le site permettant le maintien des emplois ». En tout cas, toute la journée, un grand nombre de personnes passent devant les grilles de la SIB et saluent chaleureusement les travailleurs en lutte en soutenant leur combat.

Correspondant


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