Luttes sociales

La Confédération nationale du logement pour le gel des loyers

Logements sociaux

Témoignages.re / 26 avril 2010

Au cours d’une réunion des locataires adhérents à la Confédération nationale du logement (CNL), samedi à Sainte-Suzanne, le président, Jean-Michel Singaïny, a affirmé que l’organisation avait « réussi à bousculer les bailleurs pour défendre les locataires dont les droits étaient bafoués ».

La Confédération nationale du logement (CNL), implantée depuis 2004 à La Réunion, a rassemblé samedi matin à Sainte-Suzanne quelque cent cinquante adhérents venus de toute l’île. Le président, Jean-Michel Singaïny, a souligné les succès impressionnants obtenus depuis 2004 par les locataires. « Nous avons réalisé, en peu de temps, ce que les autres n’ont pas réussi à faire en trente ans. Nous avons travaillé ensemble pour le bien de tout le monde », a-t-il notamment déclaré.
Et il est vrai que le bilan est impressionnant : augmentation du forfait des charges aujourd’hui aligné sur celui de la Métropole pour les bénéficiaires de l’allocation logement, remboursement des charges locatives indues (270.000 euros), suppression du droit au bail, gel des loyers dans le cadre de la lutte du COSPAR, recensement des logements vétustes et travaux de réhabilitation, participation aux différentes commissions légales, etc.
Ce n’est pas rien. Mais la CNL, comme l’a souligné Eric Fontaine, administrateur, veut aller plus loin. C’est que dans les logements sociaux, 80% des locataires perçoivent l’allocation logement et vivent sous le seuil officiel de pauvreté, 29.000 demandeurs attendent un logement, 15.000 personnes âgées logent dans les logements sociaux et elles seront deux ou trois fois plus à l’horizon 2030.

Des logements inadaptés

« La situation est catastrophique »
pour ces dernières. « Les logements ne sont pas adaptés et c’est au propriétaire de les adapter », note Eric Fontaine. La CNL avait obtenu, dans le cadre de la lutte menée par le COSPAR l’année dernière, le principe d’une étude sur le logement des personnes âgées et des handicapés. La Préfecture n’a pas réalisé cette étude et ce sont les bailleurs sociaux qui vont la réaliser à la demande de la CNL.
L’administrateur se déclare « inquiet de la course au logement alors que l’on ne s’occupe pas des logements indécents et insalubres ». Or, note-t-il, « les bailleurs ont l’obligation de fournir aux locataires un logement décent ».
De cette situation découle un certain nombre de revendications et en premier lieu le gel de l’augmentation des loyers. Il est en effet paradoxal de voir s’envoler, « de façon inconsidérée », les prix des loyers du parc social, alors que les prix du secteur privé augmentent moins vite parce qu’ils sont encadrés. Un courrier va être envoyé au préfet pour demander que les loyers des logements sociaux n’augmentent pas.
D’autre part, on peut s’étonner, à propos des charges locatives, de voir les mêmes erreurs répétées parfois depuis dix ans au détriment des locataires. Comme dans ce groupe d’immeubles où le bailleur devra rembourser 80.000 euros, essentiellement à des personnes âgées, parce que l’on a imputé volontairement aux locataires la totalité des charges du concierge.

Accession à la propriété

Cette bataille contre les charges indues, même si elle n’est pas terminée, a été longue et difficile. « Nous sommes la seule organisation a avoir été fouiller dans les charges, facture par facture, pièce par pièce ». Un véritable travail de fourmis. Parce qu’il ne suffit pas d’obtenir les factures, il faut encore déceler, avec les locataires, les anomalies. Comme dans ce groupe d’immeubles de Saint-Leu où l’entretien des espaces verts était facturé pour 2.000 mètres carrés alors que ces espaces, vérification faite, ne mesuraient que 400 mètres carrés. « Une victoire de toutes et de tous », n’a pas manqué de souligner Eric Fontaine.
Et la CNL ouvre un nouveau front en mettant en avant le droit à l’accession à la propriété. C’est l’intérêt de toutes et de tous. Or, actuellement, une centaine de logements seulement sont vendus par an. Eric Fontaine explique que le produit de la vente d’un logement social est, pour les bailleurs, un apport d’argent frais et permet la construction de deux ou trois logements. Et pour éviter qu’un bailleur ne rachète le logement d’un acquéreur en difficulté — et lui loue —, il préconise de trouver un système de caution. Cela a été fait, notamment lors de la vente des logements Semader à Saint-Pierre dans les années quatre-vingt-dix.
Pour conclure cette réunion riche d’enseignements grâce à de nombreuses interventions de locataires, Jean-Michel Singaïny a lancé un appel à l’adhésion (30 euros par an dont 10 euros pour la confédération). C’est ce qui permet de mesurer la représentativité de l’organisation, de montrer que les dirigeants ne sont pas seuls, d’exprimer la force de la CNL, de payer les avocats en cas de contentieux… « Avec la CNL, construisons ensemble nos luttes pour arracher d’autres victoires », a conclu le président.

Correspondant


An plis ke sa

• Accession des jeunes aux logements sociaux
La décohabitation est à l’ordre du jour. Les jeunes ont droit à un logement social. Et pourtant — souvent au SMIC —, ils sont exclus des logements sociaux à partir d’arguments qui ne tiennent pas debout. Leur « reste à vivre » après paiement du loyer serait insuffisant. Il est vrai qu’ils ne perçoivent pas forcément l’allocation logement. Et pourtant, l’argument du « reste à vivre » n’est pas retenu pour les érémistes ou pour les “bénéficiaires” de petites retraites.

• Propriétaires
La CNL ne se désintéresse pas des propriétaires « exploités par les syndics ». Un d’entre eux se trouvait d’ailleurs dans l’assistance. Sur simple appel, l’organisation se propose, avec une procuration d’un propriétaire, d’intervenir dans les assemblées générales. Les problèmes ne manquent pas. Par exemple, un syndic ne peut entamer des travaux en dehors de l’accord de l’Assemblée générale des co-propriétaires.

• Construction
On annonce ici et là la construction de 2.000 logements sociaux en 2009. Pour Eric Fontaine, « c’est faux, c’est un mensonge ». En réalité, moins de quatre cents logements sociaux ont été livrés l’année dernière. Il ne faut pas, en effet, confondre nombre de logements en construction et nombre de clés remises à des attributaires entrant dans des logements sociaux neufs.



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Bonjour, je me permet de m’adresser à vous car je souhaiterai entrer en contact avec Mr Eric Fontaine afin de solliciter son aide. J’ai 50 ans, je suis handicapé, et je vis depuis 14 ans dans un logement social.Mon nom qui figurait sur le bail il y a encore 6 mois a été changé à mon insu ce qui fait que je suis squatteur dans mon propre logement. Malgré mes questions et mes courriers répétés la situation reste bloquée et je risque l’expulsion à tout instant. Merci de bien vouloir transmettre ce courrier a Mr Fontaine, ou me donner ses coordonnées.

    Article
    Un message, un commentaire ?






  • Pouvez-vous m’aidée,j’ai un gros souci avec la shlmr depuis 1an et demi.Voici le probléme:il avait plu pendant 3à4 jours vers le mois de février,le 18 exactement ,je vois que ma chambre est inonder mon matelas foutu de suite je suis allée voir mon assurance,j’ai fait le constat amiable dédats des eaux,aprés analyse de la situation,les inflitrations ou pénétrations d’eau par façade ne sont pas garantie,donc c’est a l’assurance de mon bailleur qui doit prendre en charge.Malgré mes lettres recommandés,photos a l’appui,facture du matelas,mes déplacement les couts de téléphone,ils ne veulent rien faire.ils disent c’est encourt.moi je crois que rien n’ai fait tout simplement.
    aider moi,comment faire valoir mes droits de locataire ?

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com