Luttes sociales

La crise européenne persiste et signe

Aggravations en Grèce et en Espagne

Céline Tabou / 28 juillet 2012

En dépit des plans d’austérité mis en place par les gouvernements grecs et espagnols, ces derniers sont sous le giron de la troïka (FMI, BCE et UE) qui exige de nouvelles mesures d’austérité, sous condition d’une aide financière de sa part.

Dans un tel contexte, de nombreux responsables politiques et économiques tentent de rassurer les investisseurs. De con côté, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a annoncé que son organisation sera prête, dans le cadre d’action de la BCE, à tout faire pour « assurer la pérennité de l’euro ». La hausse des taux d’emprunt de certains pays de la zone euro, dont l’Espagne et la Grèce, peut être prise en compte par la banque centrale si cette augmentation entrave la transmission de la politique monétaire à l’économie.

L’Europe tente de soutenir la Grèce

La troïka s’est entretenue vendredi 27 juillet, à Athènes avec le Premier ministre grec, Antonis Samaras afin d’exiger de nouvelles mesures de rigueur, après le soutien apporté par Mario Draghi. Le FMI, la BCE et l’UE ont demandé de nouvelles économies à hauteur de 11,5 milliards d’euros pour la période 2013 et 2014.
Cette annonce intervient quelques heures après la demande insistante du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a réclamé « des résultats » aux Grecs pour pouvoir rester dans la zone euro, tout en assurant que la Grèce "appartient" à la famille européenne.
Conscient de la situation, le ministre des Finances, Yannis Stournaras, a présenté des mesures d’économie entraînant de nouvelles coupes dans les retraites, les aides sociales et les dépenses médicales aux experts de la troïka, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors (UE). L’objectif du gouvernement est de faire preuve de « bonne volonté » pour rassurer ses créanciers. Le gouvernement grec s’est engagé à adopter ces nouvelles mesures visant à réduire le déficit public à travers la baisse des dépenses publiques et l’accélération des réformes structurelles. La Grèce souhaite s’assurer du versement de la prochaine tranche du prêt de 31,5 milliards d’euros dont le pays a besoin pour éviter la faillite.
Ces nouvelles mesures et ces nouvelles conditions vont devoir être validées par le nouveau gouvernement de la coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras. Le « coût social reste important » ont indiqué à la presse, les dirigeants des socialistes Pasok, Evangélos Vénizélos, et de la Gauche démocratique, Fotis Kouvelis. « J’ai peur que certains ne pensent que la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie (héroïne de la mythologie grecque) pour qu’un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro », a déclaré à l’AFP, Evangélos Vénizélo. Ce dernier a indiqué que le pays avait besoin d’un délai supplémentaire d’au moins deux ans, pour pouvoir arriver à l’équilibre budgétaire. De son côté, Fotis Kouvélis a indiqué que « la situation économique est extrêmement difficile et que la société ne supporte plus de saigner ».

Un climat tendu

Le 11 juillet, le gouvernement espagnol a annoncé un quatrième plan de rigueur, afin de remplir les conditions soumises par la troïka. Malgré l’abaissement du taux d’emprunt à 10 ans sur le marché, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions pour l’Espagne, tablant désormais sur un recul du PIB de 1,7% en 2012 et de 1,2% en 2013, en raison des nouvelles mesures de rigueur, et s’inquiétant du risque que l’accès au marché se ferme pour le pays. Le FMI reste pessimiste quand à la capacité de l’Espagne de renflouer ses comptes, « les tensions du marché pourraient encore s’accentuer et menacer l’accès au marché » du pays, a indiqué l’institution dans son rapport annuel sur l’Espagne. Cette dernière a appelé les Européens à apaiser ce climat, à travers "une application dans les temps des décisions du (dernier-NDLR) sommet et des progrès continuels vers une union budgétaire et bancaire au niveau européen".
D’après “Le Monde”, la BCE prépare une action concertée avec les États membres de la zone euro pour limiter l’envolée des taux d’intérêt de l’Espagne et de l’Italie. En attendant, le FMI a précisé qu’« au bout du compte, les autorités espagnoles se sont montrées proactives dans l’adoption de mesures tout au long de la crise (...) Les décisions déjà prises et celles devant l’être à l’avenir contribueront significativement à l’amélioration de la situation économique ». L’institution internationale prévenu que « l’efficacité de ces mesures dépendra également des progrès accomplis au niveau européen pour renforcer l’union monétaire et faire baisser la tension sur le marché de la dette ».
La morosité persiste, pour Sébastien Galy, de la Société Générale, à New York, la situation n’a pas changé de beaucoup, car « on reste très proches du précipice et les dirigeants (européens) n’ont pas encore réussi à créer les conditions d’un futur rebond de l’appétit pour le risque », qui est généralement favorable aux « actifs jugés les moins sûrs comme la devise européenne, à l’inverse du dollar américain ou du yen ».

Céline Tabou


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