Luttes sociales

La fidélité dans l’Alliance des Réunionnais

Free Dom et le PCR, une solidarité sans faille

Manuel Marchal / 12 juillet 2011

Dans deux jours, Radio Free Dom fêtera son trentième anniversaire. Ce média allait être le point de départ d’un mouvement qui allait bouleverser la société réunionnaise dix ans plus tard. C’est à ce moment que Free Dom est devenu un partenaire du PCR. Cette fidélité dans l’action a servi de socle à l’Alliance, rassemblement toujours plus large des Réunionnais pour le développement du pays.

Ce n’est pas seulement une radio qui commence à émettre le 14 juillet 1981, mais c’est un souffle nouveau dans l’audiovisuel. En effet, c’est la fin du monopole de FR3 sur les ondes, couramment appelé "radio Debré". Le PCR et Pau Vergès n’ont pas droit de parole sur la radio officielle. Des radios libres naissent, et pour la première fois le peuple réunionnais peut entendre sa voix dans le poste ainsi que celle de ses dirigeants politiques bannis des ondes. C’est dans ce mouvement que naît Free Dom.
Peu à peu, la parole des Réunionnais allait se libérer, rendant tout retour à la censure impossible. En 1986, Free Dom donne un nouvel espace d’expression à la population, c’est la télévision. Sa gratuité fait échos aux redevances télévisuelles. Cinq ans plus tard, le pouvoir central et ses soutiens locaux décident de faire taire ce média. C’est l’explosion sociale provoquée par le refus de la population de revenir à l’époque de FR3.
Free Dom est alors la cible à abattre par la coalition de puissants intérêts mêlant le pouvoir parisien, une classe politique clientéliste et des patrons rétrogrades. La télé n’émet plus, la radio est boycottée, c’est la fin qui se dessine.

Une solidarité sans faille

Dans ces moments difficiles, seul le Parti communiste réunionnais apportera la solidarité à Free Dom. Au Chaudron, on a vu Paul Vergès et Élie Hoarau apporter leur solidarité aux victimes de la répression. L’année suivante, c’est l’élection régionale. C’est le début d’un partenariat entre Free Dom et le PCR, marqué par la fidélité à toute épreuve sur la base de principes tels que la défense de la liberté d’expression, le pluralisme des opinions, dans la perspective d’arracher de nouvelles victoires comme l’égalité sociale ou le développement du pays. Pour arriver à leurs fins, les deux partenaires décident d’un préalable : le respect mutuel et la fidélité.
C’est ce partenariat qui allait permettre de faire avancer notre pays sur la voie d’un projet de développement par les Réunionnais, pour les Réunionnais.
Après un premier mandat à la tête de la Région, Paul Vergès et Camille Sudre recherchent les conditions de l’élargissement du rassemblement à d’autres formations politiques et à la société civile, c’est la création de l’Alliance qui remporte les Régionales en 2004, malgré la division du PS. L’Alliance s’élargit dans les Outre-mer, et obtient de représenter nos pays au Parlement Européen.

Pas de progrès sans rassemblement

À La Réunion, c’est avec l’Alliance que le chantier de la route des Tamarins est réalisé en quelques années, et que notre île devient un exemple dans les technologies du développement durable. Mais ces progrès fulgurants n’étaient pas du goût de tous les responsables politiques.
En 2010, une nouvelle collusion d’ultra-conservateurs allant des indépendantistes à l’UMP en passant par l’ex-giscardien Michel Vergoz, passé au PS, donne à la Région une majorité en désaccord avec l’aspiration de la population à voir triompher les forces du progrès social.
Cela n’empêche pas le renforcement du partenariat dans l’Alliance. Comme, il y a 20 ans au lendemain des drames du Chaudron, comme il y a 10 ans à la direction de la Région, Free Dom et le Parti communiste réunionnais sont toujours fidèles à leur ligne de conduite : faire triompher le rassemblement des Réunionnais. Jamais le tandem Vergès-Sudre n’a été pris en défaut.

M.M.



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