Luttes sociales

La fin du photovoltaïque actée

Nouvelle illustration d’un atour gâché par des décisions politiques

Céline Tabou / 25 octobre 2011

Dans une interview accordée hier au “Quotidien”, Jérôme Billerey, président de la commission ultramarine du Syndicat des énergies renouvelables, a reproché au gouvernement d’avoir « cassé de manière stupide » la filière photovoltaïque, dont 1.500 emplois à La Réunion.

Les acteurs du photovoltaïque décrivent un secteur sinistré. Voilà où mènent les décisions du gouvernement de Nicolas Sarkozy, et à La Réunion, de Didier Robert. Elles sont responsables de la destruction de la filière. Les décisions politiques ont un impact majeur pour les 200 entreprises dans le photovoltaïque.

Le gouvernement agit sur le court terme

Comme l’a expliqué Jérôme Billerey, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a décidé des coups de rabots sur les niches fiscales, notamment dans le secteur photovoltaïque, bien que celui-ci devrait « peser 10 à 20% des énergies de demain ». En effet, en plein débat sur les conséquences des changements climatiques au niveau mondial, la France a fait le choix de sacrifier certaines énergies renouvelables en France, et particulièrement à La Réunion, pour réduire le déficit public de près de 7% du PIB.

Au-delà du sacrifice, la France « prend un retard considérable sur ses voisins. (…) La France est en train de s’exclure et risque de voir passer les trains », car 2.000 mégawatts de panneaux sont installés par an en France, c’est exactement ce qu’installent l’Allemagne ou l’Italie par trimestre. Face à l’appel d’offres lancé par le gouvernement pour l’aménagement de 17,5 mégawatts de panneaux solaires à La Réunion et à Mayotte, Jérôme Billerey estime que cette mesure n’est pas adaptée à l’Outre-mer.

Cela s’explique, selon le président de la commission ultramarine du Syndicat des énergies renouvelables, par les contraintes administratives et financières. Ce seront les grands groupes, notamment pétroliers, qui auront la possibilité de répondre à cet appel d’offres, car « le gouvernement a poussé les investisseurs à se lancer et les a cassés. Il est certain que seuls les plus forts vont réussir à redémarrer tandis que les artisans (et PME-NDLR) vont changer de métier ».

La Réunion dans l’attente d’un renouveau

Après avoir été à la pointe dans le domaine des énergies renouvelables, et particulièrement dans le photovoltaïque, La Réunion est devenue un marché difficile pour les entreprises, et ce, malgré le projet présidentiel GERRI. Celui-ci « patine un peu. Les gens voudraient des résultats rapides, mais c’est oublier que le cycle énergétique se situe dans le long terme. Il faut entre 5 et 10 ans avant qu’une technologie devienne mature et la production dure ensuite entre 20 et 40 ans. GERRI aura un impact, mais plus tard », a conclu Jérôme Billerey.

Pour le moment, le secteur a généré entre 4.000 et 5.000 emplois dans l’île, mais les décisions politiques ont conduit 1.500 personnes à perdre leur emploi : la fin de la défiscalisation pour les projets industriels, l’obligation de passer par des appels d’offres pour les gros projets et diminution par trois du prix de rachat de l’électricité pour les petites centrales installées sur les toitures. Pour l’heure, le photovoltaïque à La Réunion représente 5% de l’énergie de l’île. Malgré les mesures gouvernementales et régionales prises ces derniers mois, La Réunion possède encore des secteurs énergétiques exploitables comme l’éolien et la biomasse.

Céline Tabou


Quand la Région tente de faire croire que 500=900.000

500 familles à terme sont concernées par le projet “Millener” présenté hier à la presse. Ce n’est pas cela qui va compenser l’immense gâchis décidé par Didier Robert et ses amis parisiens.

Il est important de rappeler qu’avant 2010, les expérimentations lancées avec l’ARER visaient à aller vers l’autonomie énergétique en 2025, en s’appuyant en particulier sur le photovoltaïque. C’est sur cette base que, pour TÉMERGIE, il était possible de viser 15.000 emplois. Car en 2025, la population dépassera les 900.000, ce qui donne une tout autre ampleur en termes d’emplois.

C’est tout cela que l’UMP a cassé dès qu’il a réussi à obtenir le contrôle de la Région. Et Didier Robert peut pérorer, il aura du mal à faire croire que 500 est égal à 900.000.


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