Luttes sociales

La FSU appelle au soutien politique

Mutation de 47 professeurs stagiaires

Témoignages.re / 31 mars 2010

Ce n’est pas une question de moyen, mais de volonté. La FSU en est convaincue, le Ministère de l’Education nationale peut annuler les mutations de 47 professeurs stagiaires en région parisienne, tout simplement parce que les postes vacants existent à La Réunion. Mais les jeunes néo-titulaires ont besoin d’être soutenus par le monde politique.

Ils sont 47 professeurs stagiaires à subir une mutation en région parisienne à la prochaine rentrée scolaire. Des enseignants en Education Physique et Sportive, en enseignement professionnel et technologique... Quelques-uns d’entre eux, accompagnés de parents, de collègues solidaires et de syndicalistes de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), avaient décidé de passer la nuit dans le hall du Rectorat lundi dernier. Après une manifestation devant les grilles et une intervention en pleine réunion du Comité Technique Paritaire, qui n’avaient rien donné.
Si ce n’est le commentaire du Recteur Mostafa Fourar déplorant le « folklore » et le « spectacle » des professeurs stagiaires prêts à camper pour obtenir satisfaction. Il avait promis de ne pas les évacuer, rappelle Marie-Hélène Dor, mais vers 23h30, les professeurs stagiaires sont sortis dans le calme avec la Compagnie départementale d’intervention. Un épisode qui a choqué ces professeurs stagiaires, rapporte la syndicaliste. D’autant plus que le mouvement était pacifiste. Un épisode qui témoigne aussi du dialogue de sourd avec l’administration.
Mais la FSU veut continuer le combat avec ces professeurs stagiaires. Fort du soutien de la Député-maire Huguette Bello, la FSU va interpeller les autres hommes et femmes politiques de l’île afin d’intervenir auprès du Ministère de l’Education. Marie-Hélène Dor précise que 13 professeurs stagiaires en Vente, Lettres-histoire et Lettres-anglais ont déjà bénéficié du mouvement de contestation. Les commissions d’affectation ont été plus souples dans les mutations. Ce qui n’a pas été le cas par exemple pour les professeurs stagiaires en EPS. Pour les 47 enseignants restants en voie de mutation, le Rectorat a cependant proposé des entretiens au cas par cas. La FSU veillera au respect de la parole donnée.

Un bond de huit ans en arrière

Pour la FSU, il est clair que le Ministère de l’Education a les moyens de résoudre le problème des professeurs stagiaires. « 13.000 heures supplémentaires d’enseignement sont validées pour la rentrée 2010. Ce qui équivaut à 700 postes », argumente Marie-Hélène Dor. Et elle ajoute : « 117 postes sont bloqués pour les futurs stagiaires à cause de la masterisation de la formation des enseignants. Ces stagiaires devront en effet assurer un service d’enseignement complet. Ce sont autant de postes qui échappent aux mutations ».
Dans un contexte de suppression de postes et d’économie, le Ministère a fait le choix « d’entretenir la précarité », constate la FSU, alors que l’île dispose d’enseignants qualifiés, aux compétences validées. Ces enseignants « locaux » bénéficient par ailleurs d’une avance de 1.000 points pour leur permettre de rester à La Réunion. Si le Ministère reconnaît qu’il est légitime pour ces stagiaires de vouloir rester chez eux, « pourquoi ne va-t-il pas jusqu’au bout de la logique ? », demande Marie-Hélène Dor. Ainsi, il y aurait dans l’académie 20 postes vacants en EPS pendant que 8 professeurs stagiaires sont mutés.
Pour toutes ces raisons, et parce que la FSU croit que « le développement de La Réunion passe par ses jeunes diplômés », souvent issus de l’ascenseur social via l’école, le syndicat continue de soutenir les professeurs stagiaires. « Chaque année, nous sommes confrontés à quelques cas marginaux, mais nous trouvons toujours une solution à l’amiable », indique Marie-Hélène Dor. Mais cette fois, la situation est pire qu’il y a 8 ans. En 2002, une vingtaine de professeurs stagiaires s’étaient enchaînés aux grilles du Rectorat et avaient occupé l’IUFM. Ils avaient eu gain de cause.

EP


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