Luttes sociales

La FSU boycotte

Séance du CTP

Témoignages.re / 3 février 2011

L’ensemble des syndicats ont hier boycotté la séance du Comité technique paritaire académique pour protester contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale. Avant de quitter la séance, les représentants de la FSU ont lu la déclaration ci-après.

« M. le Recteur, Mesdames, Messieurs,

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’à La Réunion comme en métropole, les organisations syndicales majoritaires ont décidé de boycotter ce CTP académique pour protester contre les 16.000 suppressions de postes programmées pour la rentrée prochaine.

M. le Recteur, à l’occasion de cette rentrée de janvier, vous avez bien voulu expliquer dans les médias puis aux chefs d’établissement que cette politique d’économies budgétaires trouvait sa source dans le déficit budgétaire du pays, supérieur à 7% comme chacun le sait. S’il y a effectivement des raisons de s’inquiéter d’un tel niveau de déficits, vous vous êtes pourtant bien gardé d’expliquer pourquoi notre pays, comme la quasi-totalité des pays européens, avait vu leur déficit budgétaire augmenter dans de telles proportions. Vous nous permettrez donc de vous rappeler ici que ce sont les États qui ont été priés de « sauver les banques », c’est-à-dire de couvrir financièrement les turpitudes du secteur financier. Et il est tout de même ahurissant de voir que, pendant que les profits explosent dans ce secteur, l’État est prié de se serrer la ceinture, de supprimer des emplois, de voter une réforme inique sur les retraites, bref de satisfaire la politique libérale consistant assez classiquement à privatiser les profits et socialiser les pertes.

À l’heure où l’on vante « l’économie de la connaissance », on voit clairement le sens qu’il faut donner au terme d’économie, à savoir des économies sonnantes et trébuchantes dans le budget de l’éducation au détriment, en fait, de la connaissance et de sa transmission.

S’agissant de La Réunion, ce sont 162 ETP que vous vous proposez de supprimer. Est-il hors de propos de rappeler ici que les retards de La Réunion constatés à travers les diverses évaluations ne vont pas dans le sens d’une réduction des moyens de l’Académie. Vous prétendez en outre que ces suppressions seront « indolores ». Permettez-nous de douter de la justesse d’une telle appréciation et de vous demander d’en apporter la démonstration.

Permettez-nous aussi de nous étonner, comme en métropole, de la disparité de traitement entre l’enseignement public et l’enseignement privé. Pour nous, les réalités de La Réunion sont telles qu’une telle politique nous paraît aller à l’encontre de la qualité de la formation des jeunes de cette île. Dans tous les secteurs — 1er degré, 2nd degré, université, administration et services sociaux — les besoins sont criants. Feindre de les ignorer revient en fait à pénaliser La Réunion, à ne pas lui donner la moindre chance de rattraper un jour ses retards, revient à obérer l’avenir de cette île ».


Kanalreunion.com