Luttes sociales

La FSU demande une affectation provisoire à La Réunion pour les profs-stagiaires

La question des mutations des stagiaires évoquée avec le conseiller de Luc Chatel

Témoignages.re / 23 août 2010

La question des stagiaires mutés en France dès leur année de formation a été abordée lors de la rencontre entre la FSU et Serge Fuster, conseiller du ministre de l’Éducation. Dans un communiqué publié sous la signature de Bruno Caquelard (SNEP), Évelyne Derriennic (SNUEP), Martine Massias-Millot (SNES), la FSU rend compte de cette audience.

« La FSU a été reçue en audience par M. Serge Fuster, conseiller technique, lors de la visite du ministre Luc Chatel. Après avoir rappelé la situation particulière de l’Académie de La Réunion, la délégation de la FSU a rappelé son désaccord avec la politique menée par le gouvernement.
Le ministre se targue d’avoir créé 86 postes mais la réalité sur le terrain et dans les classes est bien différente. La FSU a dénoncé l’utilisation des nouveaux stagiaires, mis à temps plein devant les élèves au détriment de leur formation pour compenser les suppressions de postes et en conséquence l’affectation de 64 d’entre eux en métropole pour leur stage. Une future stagiaire accompagnait la délégation et a pu témoigner des difficultés que vont rencontrer les stagiaires qui ont conjoint et enfants à La Réunion. Tout en réaffirmant son attachement aux concours nationaux dans le second degré et au respect du barème pour les affectations, la FSU a demandé que des affectations à titre provisoire soient accordées aux stagiaires dans cette situation, pour leur stage, mais également lors des mutations, afin de compléter le système de la bonification des 1.000 points qui donne, à ceux qui sont originaires de La Réunion, la priorité pour y rester.
La FSU a exprimé son inquiétude face à la remise en cause des modifications de la carte de l’Éducation prioritaire. Les mots de « concentration des moyens » déjà employés lors de la dernière réforme laissent craindre une nouvelle diminution des moyens, particulièrement inacceptable à La Réunion.
La FSU a souligné le malaise qui va croissant dans les collèges, l’inquiétude des enseignants face à la multiplication des tâches parascolaires dont la dernière en date, le livret de compétences.
Elle a rappelé son opposition à l’actuelle réforme du lycée, mettant l’accent sur les diminutions horaires et sur l’affaiblissement de l’enseignement technologique qui est un facteur important de réussite et de démocratisation de l’enseignement, de même que l’enseignement professionnel, fragilisé par les dernières réformes. Elle a rappelé que ces réformes s’étaient faites à la va-vite et sans tenir compte de l’opinion majoritaire des enseignants.
Tout en demandant que des postes de titulaires soient créés en fonction des besoins et que soit mis en place un plan de titularisation des non-titulaires, la FSU a demandé que les contrats aidés soient renouvelés au plus vite, les établissements ne pouvant fonctionner normalement sans eux.
La FSU a également rappelé les besoins criants de l’université en postes de titulaires, enseignants comme non-enseignants.
Au sujet de l’EPS, la FSU rappelle le retard important en termes d’installations sportives et de bassins d’apprentissage de la natation (il manque 50 piscines par rapport à la métropole). Enfin, à propos du savoir nager, le récent rapport réalisé par le SNEP Réunion montre qu’environ 1 élève sur deux ne sait pas nager à l’issue du collège.
Serge Fuster s’est montré attentif aux problèmes de l’Académie. Sans se faire d’illusions sur les problèmes généraux que seule la lutte des personnels aux côtés de leurs syndicats pourra faire évoluer, les représentants de la délégation de la FSU espèrent au moins avoir été entendus sur les problèmes particuliers ».


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