Luttes sociales

La grève à la CILAM s’élargit à Australine

7ème jour de blocage patronal

Manuel Marchal / 4 juin 2013

Trois événements importants hier : les grévistes ont été convoqués au tribunal suite à une plainte de leur patron, les travailleurs d’Australine sont eux aussi entrés dans le mouvement, la Chambre d’agriculture demande à l’État d’intervenir en organisant une médiation.

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Au bout de six jours de grève, les travailleurs affichaient hier leur détermination intacte.

Hier après midi, des grévistes de la CILAM étaient convoqués au tribunal. En utilisant ce moyen, le patronat tente de briser la grève. Cela fait aujourd’hui sept jours que les travailleurs de la CILAM ont décidé d’arrêter l’usine et ils sont passés à l’action pour se faire entendre, à l’appel de la CGTR et du SAFPTR.

Les employés de la CILAM ont fait le constat de l’échec de la négociation annuelle sur les salaires. Ils demandent une augmentation de 50 euros, une prime de 600 euros et 4 tickets restaurants supplémentaires. La proposition du patronat est une revalorisation comprise entre 1,3 et 2%, et une prime de 420 euros. C’est moins de 15 euros nets pour les plus bas salaires, souligne la CGTR.

Selon les chiffres avancés par la CGTR, sur 5 millions d’euros de bénéfices l’an dernier, 2 millions sont allés aux actionnaires et le reste aux investissements. Les travailleurs estiment qu’une plus juste répartition des profits, sur la base d’un tiers pour les travailleurs, permettra de soutenir largement la revendication.

Comme à Carrefour Sainte-Suzanne ou à la SERMAT, le blocage est total. Le patronat n’a toujours pas montré sa volonté d’ouvrir des négociations. Et comme à Carrefour Sainte-Suzanne, la Direction de l’entreprise assigne les travailleurs en justice pour faire lever le piquet de grève. Les patrons demandent une astreinte de 5.000 euros par jour et par salarié.

Entendue hier au tribunal, la délégation des grévistes a fait part de sa détermination à poursuivre le combat, et ne dévie pas de ses revendications. Les juges doivent rendre leur décision aujourd’hui.

Depuis une semaine, le mouvement s’est élargi. Au départ, il concernait les travailleurs de l’usine de la zone industrielle de Saint-Pierre. Des salariés d’autres entreprises du groupe se sont joints au mouvement. La semaine dernière, c’était les renforts de Glaciers de Bourbon et de Fromagerie de Bourbon. Hier, c’était au tour de ceux d’Australine de cesser le travail.

Pour sa part, la Chambre d’agriculture demande à l’État d’intervenir. Elle souhaite que le préfet nomme un médiateur afin de renouer le dialogue.

M.M.

La Chambre d’agriculture demande une médiation

Devant les conséquences du blocage, la Chambre verte demande au préfet d’intervenir. Voici son communiqué.

Les élus de la Chambre d’agriculture ont été sur le terrain dimanche (2 juin) et ont pu constater les premières conséquences de la grève à la CILAM auprès des éleveurs. Certains d’entre eux ont dû se résoudre à dévider leurs tanks à lait, pleins de plusieurs centaines de litres de lait, faute de collecte par la SICA Lait.

Après la sécheresse, la grève des dockers, les éleveurs sont aujourd’hui en plein désarroi. Face à ce constat et afin que la situation ne se dégrade, la Chambre d’agriculture a demandé, dans un courrier transmis au préfet, de nommer un médiateur pour une reprise de la collecte de lait chez les 80 éleveurs concernés.


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