Luttes sociales

La mobilisation continue contre la réforme des retraites

Après le passage en force au Sénat

Céline Tabou / 23 octobre 2010

L’intersyndicale a annoncé jeudi 21 octobre, dans la soirée, deux nouvelles journées d’action contre la réforme des retraites, votée au Sénat. Jeudi 28 novembre, et samedi 6 novembre. Malgré l’approche du vote par les sénateurs, les syndicalistes ont décidé de ne pas flancher, et de maintenir la pression. À l’heure où nous mettons sous presse, les sénateurs venaient de voter le texte. Jean-Paul Virapoullé et Anne-Marie Payet ont pris la même décision que René-Paul Victoria et Didier Robert : voter pour la réforme des retraites que personne ne veut à La Réunion.

Malgré l’intensification de la mobilisation, le gouvernement décide de passer en force sa réforme de la retraite. Le ministre du Travail, Éric Woerth, a imposé le recours au vote accéléré, afin de finaliser le vote. Comme l’avait indiqué le chef de l’État, la réforme se fera, mais sans le consentement des manifestants.

Vote unique, vote bloqué

Selon Jean Claude Mailly, secrétaire général de FO, la décision du gouvernement d’un vote bloqué signifie que « le gouvernement n’est pas aussi rassuré que ça » et traduit « un peu d’affolement ». Ce dernier a insisté, « c’est un peu un affolement d’une certaine manière : il faut aller vite, essayons de nous débarrasser de ce dossier le plus vite possible ».
Après avoir promit d’aller jusqu’au bout de l’examen du texte, le président UMP du Sénat, Gérard Larcher, déclare aujourd’hui « comprendre » la décision du gouvernement d’utiliser la procédure du « vote unique » ou du vote bloqué afin d’accélérer les débats. Malgré les manoeuvres de la droite, 69% des personnes interrogées approuvent « les grèves et les manifestations » contre le projet de loi, selon un sondage BVA diffusé vendredi 22 octobre, par Canal Plus.

Les syndicats unis dans la lutte

Selon le sondage BVA, 92% des sympathisants de gauche soutiennent le mouvement, mais il réunit également, 32% de sympathisans de droite. Ce soutien massif ressort également dans l’unité des syndicats, « l’intersyndicale ne se fissure pas », a affirmé Jean Grosset, secrétaire général de l’UNSA.
Les six organisations syndicales (CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC, UNSA et FSU) ont d’ailleurs signé un texte appelant « solennellement le gouvernement et les parlementaires à ne pas adopter cette réforme en l’état ».
Ces dernières ont indiqué que la première journée d’action, le 28 octobre, se situera dans la semaine de l’adoption du texte par le parlement, et la seconde, le 6 novembre, avant la promulgation de la loi par Nicolas Sarkozy. L’intersynidale a rappelé que « les organisations syndicales appellent leurs organisations à poursuivre leurs mobilisations afin de rassembler le plus grand nombre et d’amplifier le soutien de l’opinion publique ».
Les syndicats appellent également dans un communiqué publié jeudi 21 octobre, « leurs organisations dans les territoires, les entreprises, les administrations à poursuivre les initiatives unitaires. Elles veilleront au respect des biens et des personnes ».

Céline Tabou


Le gouvernement tente de briser la grève des raffineries

À l’annonce du coup de force contre les grévistes des raffineries par Nicolas Sarkozy, le préfet de Seine-et-Marne a fait procéder, dans la nuit, à la prise de contrôle des entrées des dépôts de carburant de la raffinerie de Grandpuits. Raffinerie perquisitionnée par les autorités pour le ravitaillement des stations essence, celle-ci n’a pas eu les effets escomptés suite à la mobilisation des travailleurs.
Cependant, à l’approche du vote de la réforme au Sénat, des piquets de grève devant les dépôts pétroliers se sont multipliés dans la nuit de jeudi 21 octobre. Celles-ci montrent la détermination dont font preuve les travailleurs, malgré les opérations de la police. Pour Jean-Claude Mailly, la réquisition de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) était « un outil répressif » pour « casser un mouvement de grève ».


Tenir jusqu’au bout et après

Les syndicats ont encore le temps de rassembler contre la réforme des retraites. Le texte devrait passer, après le vote au Sénat, en Commission mixte paritaire, composée de sept députés et sept sénateurs, qui devra statuer sur le texte final. Le 27 octobre, si le calendrier se tient à celui de Nicolas Sarkozy, est le jour où il promulguera la loi. D’ici là, la mobilisation syndicale pourra peser sur le prochain remaniement ministériel qui clôturera définitivement la réforme de la retraite ? Toutefois, à l’instar du CPE, qui a été annulé après sa promulgation, l’Histoire montre que la lutte peut empêcher une loi injuste d’être appliquée.


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