Luttes sociales

La mobilisation pour l’emploi des jeunes Réunionnais à La Réunion s’amplifie

Après l’avancée obtenue par Alfred Marie-Jeanne pour la Martinique

Manuel Marchal / 21 juillet 2012

15 jours après la conférence de presse du PCR sur ce sujet, la mobilisation pour mettre fin aux discriminations subies par les Réunionnais dans les embauches dans la fonction publique à La Réunion s’amplifie.

La question de l’affectation à La Réunion des Réunionnais lauréat des concours de la fonction publique est un problème récurrent. Ainsi le 5 juillet dernier, soit huit jours avant la visite de Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, le Parti communiste réunionnais avait ramené cette question sur le devant de l’actualité, avec le scandale des mutations imposées aux candidats reçus au concours de chef d’établissement, obligés de partir alors que des postes sont disponibles à La Réunion.
Chaque année, ce sont des jeunes qui doivent partir alors que des centaines de fonctionnaires arrivent de France pour occuper des postes libres dans l’Éducation nationale. Désormais, avec la disparition des IUFM, cet exil est imposé dès l’année du stage, qui se déroulait auparavant à La Réunion.
En écho à cette mobilisation lancée par le PCR à La Réunion, la bataille a débouché sur une importante avancée pour la Martinique.

Avancée pour la Martinique

Mardi, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député de la Martinique Alfred Marie-Jeanne a demandé au ministre de l’Éducation nationale d’organiser l’affectation prioritaire à la Martinique au profit des contractuels martiniquais ayant réussi le concours de recrutement des professeurs.
Vincent Peillon a donné son accord à cette proposition, et il s’est engagé à donner un poste à la Martinique aux jeunes diplômés martiniquais ayant déjà une expérience dans l’enseignement.
Dès la nouvelle connue à La Réunion, "Témoignages" a diffusé l’information, publiant l’intégralité de la question du député martiniquais et la réponse du ministre. Quelques heures plus tard, le Parti communiste réunionnais amplifiait cette mobilisation en rendant public un communiqué. Le PCR indique que cette décision « montre qu’il est possible d’appliquer de façon pragmatique la loi pour prendre en compte la situation exceptionnelle des départements d’outre-mer et la revendication de priorité au recrutement local ». Le Parti communiste réunionnais demande aux députés de La Réunion d’agir pour que l’avancée obtenue pour les Martiniquais soit étendue dans les DOM, et donc à La Réunion.
Pour sa part, fidèle à la ligne de conduite qui est la sienne depuis sa fondation, l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER), appelle aussi à l’action pour « que les décisions prises par le ministre de l’Éducation nationale pour la Martinique soient appliquées à La Réunion », et décide d’interpeller les députés et le gouvernement sur cette question.
Le même jour, une parlementaire et des syndicalistes sont aussi montés au créneau.

Nouveau soutien

Hier, c’est la présidente du Conseil général a apporté un nouveau soutien à la mobilisation. Dans un courrier adressé aux parlementaires et au ministre de l’Éducation nationale, Nassimah Dindar rappelle les drames que ces mutations peuvent entrainer. « Le ministre de I’Education nationale, Vincent Peillon, vient d’annoncer que les Martiniquais ayant enseigné comme contractuels et ayant par la suite obtenu leur concours d’enseignants seront affectés sur leur île », ajoute la présidente du Conseil général, « il devient urgent et prioritaire que les parlementaires de La Réunion s’unissent pour obtenir du Premier ministre et de son gouvernement les mêmes engagements que la Martinique ». « Il nous faut aller plus loin et nous battre pour que tous les jeunes Réunionnais ayant réussi leur concours à La Réunion soient immédiatement intégrés dans la fonction publique locale », poursuit-elle. La présidente du Conseil général compte sur l’appui du ministre des Outre-mer, avec qui elle a discuté de ce sujet lors de sa visite à La Réunion.
Visiblement, la mobilisation lancée par l’AJFER et le PCR commence à trouver un large écho dans notre pays. Gageons que cela puisse aboutir sur la satisfaction de la revendication.

M.M.



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Messages






  • Ex-contractuel, stagiaire, et à la rentrée 2012 néo titulaire hors département, je trouve scandaleux qu’en tant que jeunes professeurs réunionnais capables, nous soyons mutés vers les autres départements, alors que l’académie de la Réunion dispose de nombreux postes vacants.

    Scandaleux que l’académie de la Réunion ne tienne pas compte de la situation familiale des mutés. Natif de la Réunion, marié et parent d’un enfant scolarisé, et malgré les motifs que j’avais évoqué dans mon dossier pour une affectation même à TITRE PROVISOIRE sur mon île, l’administration a fait la sourde d’oreille. Où vas-ton ?

    Je dis "oui" nous avons passé un concours national, "oui" nous jeunes professeurs, nous sommes au service de la nation, nous l’avons voulu.
    Mais s’il vous plaît tenez compte de l’aspect Humain lors de ces mutations et essayez de faire au mieux, en évitant les calculs mathématiques lors des affectations, en mettant tous les postes au mouvement.

    Vous rendez-vous compte, d’ici quelques jours je devrais quitter la Réunion, après y avoir vécu près de 30 années. Déscolariser mon enfant et le séparer de toute sa famille, et d’autres conséquences encore nous attendent sur le long terme...

    Tout cela est incohérent par rapport que la Réunion est soi-disant classé au patrimoine de l’Unesco. Pourriez vous vous imaginer de déplacer un Papangue (espèce volatil de la Réunion), à Paris, ou à Créteil, voir ailleurs ?
    Vous voyez, chaque Réunionnais forme un peuple, et fait partie en quelque sorte de ce patrimoine, par son histoire, sa culture, sa langue, en somme ses spécificités.

    Cé pou ça moin mi di que, si nana poste la Rénion, affect a nou en priorité pou forme nout zeune, apres fé rentre les zot !
    Ici nou le pas des pion, nou le capab fé avance nout péi, et meme plis !
    Si nou investi a nou pou nout pays, nou va progresser trè vite et très bien. Nou le capab ! apres mi pense que nou sora fier, amene nout savoir faire et nout compétence à l’extérier de nout pays .

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