Luttes sociales

La municipalité appelle à un dialogue apaisé et responsable

Tension à Saint-Louis

Témoignages.re / 3 mai 2010

Vendredi, le SAFPTR a claqué la porte du Comité technique paritaire où devaient avoir lieu des discussions sur les salaires entre l’Intersyndicale et la Mairie. Cette fuite repousse la tenue du CTP au 12 mai. Cela amène à s’interroger sur l’objectif recherché par le SAFPTR. Pourquoi appeler à la grève pour créer un rapport de force soi-disant plus favorable à la négociation et ensuite refuser de discuter ?

La tension était palpable vendredi matin à Saint-Louis. Devant la mairie, une bousculade a eu lieu à 11 heures entre les manifestants et les forces de l’ordre.
La municipalité s’est élevé contre cette répression : « nous ne pouvons non plus accepter qu’une manifestation syndicale à la veille d’un 1er Mai soit l’objet d’un manque de maîtrise des autorités », a-t-elle affirmé dans un communiqué.
Claude Hoarau constate également que le mouvement de grève n’a pas eu le succès escompté par ces organisateurs, le SAFPTR en tête qui a montré son refus de dialoguer.
En effet, ce vendredi se tenait le comité technique paritaire au cours duquel le projet annoncé en conseil municipal par Claude Hoarau et les élus saint-louisiens doit être voté, à savoir une diminution du temps de travail accompagnée d’une baisse de salaire.
Vers 10 heures, le SAFPTR est rentré au comité technique paritaire, présidé par Claude Hoarau, puis en a claqué la porte.
La veille, plus d’un millier de travailleurs étaient venus à une rencontre d’explication organisée par la municipalité. À cette réunion, la commune a fait toute la transparence sur les mesures prises pour redresser la situation financière très difficile héritée des sept années de gestion de Cyrille Hamilcaro. Ce vendredi, ils étaient encore plus nombreux à affirmer leur soutien aux propositions de l’équipe de la Mairie.
En conférence de presse après le CTP, Claude Hoarau a rejeté la faute sur Cyrille Hamilcaro et a demandé si « les responsables syndicaux devraient se demander "mais que diable suis-je venu faire dans cette galère ?" ».
Après avoir bloqué la circulation rue Bel Air, vers 13h, les manifestants se sont rassemblés pour bloquer la "quatre voies" en direction de l’Etang Salé. Les grévistes avaient tenté en fin de matinée de monter sur le Pont de la rivière Saint-Etienne, mais avaient été repoussés par les policiers.
Le piquet de grève a été levé vers 15 heures. Le comité technique paritaire a été reporté au mois de mai et une délégation syndicale sera reçue ce lundi en sous-préfecture de Saint-Pierre. Pour sa part, la commune de Saint-Louis rappelle que « la négociation sociale doit se faire dans un climat apaisé, responsable et non partisan ».


« La négociation sociale doit se faire dans un climat non partisan »

Dans un communiqué diffusé vendredi, la commune de Saint-Louis déplore le barrage provoqué par des grévistes et condamne la répression visant un agent communal durant la manifestation.

« Le mouvement de grève illicite lancé par l’intersyndicale ce matin (vendredi NDLR) à Saint-Louis et suivi par une minorité d’agents de la collectivité semble avoir pris des tournures fort regrettables avec des conséquences sur l’ordre public.
La municipalité a en effet pris connaissance qu’une partie de la délégation des grévistes a pris la décision de rendre à l’entrée de ville de Saint-Louis dans le but de perturber la circulation aux fins d’obtenir un rendez-vous avec le sous-préfet de Saint-Pierre.
S’agissant d’agents communaux, si ces faits s’avèrent exacts, cela ne peut que rencontrer la totale désapprobation de la municipalité de Saint-Louis. Le dialogue social est une chose trop importante pour souffrir de ce genre de débordements inacceptables.
J’appelle ces agents ainsi que leurs représentants syndicaux à faire preuve d’un plus grand sens de la responsabilité et de cesser ce genre d’actions sujettes à conséquences dommageables.
Par ailleurs, conséquemment à ce malheureux choix, il semble qu’un agent communal ait eu à souffrir d’une répression de la part des forces de l’ordre présentes. Nous ne pouvons non plus accepter qu’une manifestation syndicale à la veille d’un 1er Mai soit l’objet d’un manque de maîtrise des autorités.
Tout cela conforte le sentiment de la municipalité de Saint-Louis que la négociation sociale doit se faire dans un climat apaisé, responsable et non partisan. »


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