Luttes sociales

La parole aux participants

Alliance des Réunionnais contre la Pauvreté

Témoignages.re / 19 janvier 2010

Au cours du rassemblement de l’Alliance des Réunionnais contre la Pauvreté, samedi dernier à Saint-Leu, ont été élaborées des propositions audacieuses pour l’emploi, le logement, les personnes âgées, les sans-abri, le pouvoir d’achat, les déplacements, la lutte contre l’illettrisme (voir notre édition d’hier). Ce sont les responsables des associations qui ont présenté ces propositions. Mais du public sont également venus des encouragements, des engagements, d’autres propositions, d’autres sujets à inscrire à l’ordre du jour… C’est ce que nous présentons ci-dessous. La parole aux participants.

• Michèle Hoarau, 2ème Adjointe de la Mairie de Saint-Leu
« Il nous faut être solidaires… »

« Ce rassemblement est un moment fort, au moment où se déroulent les événements tragiques à Haïti. La misère existe dans le monde et à La Réunion. Il nous faut être solidaires, surtout dans cette période de crise. Nous devons renforcer la solidarité. La misère n’est pas une fatalité. Adjointe au maire de Saint-Leu, nous menons l’action contre la misère qui existe sur notre territoire. Nous venons d’inaugurer une épicerie sociale et nous avons participé à la création de la ZAC Portail qui va créer un millier d’emplois directs et indirects ».

• Marie Mouniata, Saint-Louis
« Tous les droits fondamentaux sont importants… »

« J’ai toujours participé aux manifestations susceptibles d’améliorer le sort des gens, et notamment des plus pauvres. Sa la touzour aport amoin bokou. Il faut un changement. A mon avis, il y a des hommes politiques qui ne font pas leur travail. Pa toulmoun i konpran. La solidarité est nécessaire. Un travail, un logement, l’éducation, etc… Tous les droits fondamentaux sont importants ».

• Alix Hoarau, Saint-Pierre
« Pétition pour un moratoire du remboursement du FNDS… »

« Prendre la défense des plus pauvres est le centre de notre combat. Nous devons organiser la lutte contre le remboursement du Fonds national de solidarité (FNDS). Ce n’est plus un fonds de solidarité, c’est un prêt, une hypothèque. Nos granmounes ont travaillé dur pour acheter une case modeste. Aujourd’hui, alors qu’ils espéraient transmettre ce modeste bien immobilier à leurs enfants, ces derniers devront rembourser les versements du FNDS. Nous devons créer une association de défense des sans défense et lancer une pétition. Elle pourrait demander un moratoire pour le remboursement du FNDS. Cette association devra contacter les sept parlementaires de La Réunion pour qu’ils déposent un projet de loi correspondant aux réalités sociales de l’île. C’est un problème très important ».

• Jean-François Sarpédon, Saint-Pierre
« Le préfet organise la précarité et la pauvreté… »

« Nous sommes dans le mouvement associatif depuis seize ans. Notre seule possibilité, c’est d’offrir la possibilité d’emplois aidés aux sans-emploi. Le préfet, on peut se demander s’il ne faut pas l’appeler le gouverneur, nous contraint à n’utiliser que des CAE de 24 heures, soit un revenu de moins de 720 euros par mois, en dessous du seuil de pauvreté. Ainsi, le préfet organise la précarité et la pauvreté. Si les associations veulent aller jusqu’à 48 heures, elles sont pénalisées financièrement. Or, en France hexagonale, les associations qui le veulent peuvent offrir des CAE de 48 heures remboursées par l’Etat à hauteur de 95%. Si nous avions cette possibilité, le revenu des CAE pourrait alors passer de 720 à 1.000 euros, soit au-delà du seuil de pauvreté ».

• Sabine Le Toullec, Le Port
Réformer la MDPH

« Dans la lutte contre la pauvreté, nous voudrions prendre la défense des handicapés, et notamment des handicapés mentaux. Ils se retrouvent souvent dans un état de pauvreté et, pour quelques euros, ils peuvent même perdre le bénéfice de la Couverture mutuelle universelle (CMU). Cette question doit aussi être prise en compte. Nous devons aussi proposer une réforme de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ».

• Christine Hoarau, La Possession
« On ne peut rester sans réagir… »

« La pauvreté m’inspire un grand dégoût face à la République qui, au lieu d’essayer de jouer le gendarme du monde, devrait s’occuper de ses enfants. Nous devons réagir contre cela en nous rassemblant et en allant au-devant des représentants de l’Etat et de Nicolas Sarkozy pour dire ce que l’on pense. On ne peut rester sans réagir ».


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