Luttes sociales

La porte ouverte à l’embauche de jeunes diplômés réunionnais

L’UNEF obtient l’interdiction des stages hors cursus

Témoignages.re / 23 septembre 2009

l’embauche de jeunes diplômés dans les entreprises qui recouraient abusivement à des stagiaires pour faire face à des besoins permanents de main d’œuvre hautement qualifiée. C’est ce qu’indique en substance un communiqué de l’UNEF dont nous reproduisons de larges extraits.

Le 19 septembre, le premier ministre François Fillon a annoncé que le gouvernement avait décidé d’interdire les stages hors- cursus universitaires à l’occasion du débat parlementaire de la loi sur la formation professionnelle. Un amendement en ce sens a été adopté vendredi en commission au Sénat. Le vote définitif devrait intervenir aujourd’hui ou demain.
Après avoir rejeté un amendement qui proposait cette interdiction lors des débats en première lecture à l’assemblée, et après des années d’inaction sur cette question, l’UNEF se félicite que le gouvernement et la majorité aient infléchi leur position et prennent enfin une décision attendue depuis plusieurs années par les jeunes, et réclamée de manière unanime par les membres de la commission Hirsch sur la jeunesse. Force est de constater que les résistances étaient nombreuses, notamment au sein du comité STAPRO et de la part du patronat.
L’interdiction des stages hors cursus universitaire doit permettre de mettre un terme aux pratiques scandaleuses de certains employeurs qui préfèrent proposer à de jeunes diplômés des stages plutôt qu’un contrat de travail.
L’UNEF porte cette revendication depuis plusieurs années, notamment depuis que la mobilisation contre le CPE a mis en lumière le scandale de la précarité des jeunes au travail, dont les abus en matière de stage constituent un des exemples les plus choquants. Les stagiaires constituent une main d’œuvre très qualifiée et gratuite permettant bien souvent de remplacer des salariés.
A la Réunion avec 50% de notre jeunesse qui est au chômage, il est indispensable aujourd’hui que les entreprises prennent toutes la mesure de cette décision et favorise la création d’emplois tout en accentuant l’accompagnement des jeunes en formation avec des stages de qualité garantissant leur insertion professionnelle.
Si l’UNEF se félicite de cette annonce, et attend avec impatience son vote définitif lors du débat parlementaire, elle reste vigilante et demande au gouvernement les garanties suivantes pour que cette décision ne reste pas lettre morte

- L’inspection du travail doit être saisie pour sanctionner tout abus, en particulier dans les secteurs sensibles ayant largement recours aux stagiaires : les secteurs bancaires, de l’édition, de la communication et des médias…

- Les conventions de stages « de complaisance » doivent être interdites afin d’empêcher un détournement de la réglementation et le maintien de stages hors-cursus. La délivrance d’une convention de stage par les universités doit être conditionnée à la validation d’une ou plusieurs unités d’enseignement par l’étudiant et à la mise en place d’un suivi pédagogique réel par les enseignants.
Surtout, l’UNEF considère cette interdiction des stages hors-cursus comme un premier pas et demande au gouvernement la mise en place d’une véritable réglementation des stages garantissant :

- Le contenu pédagogique du stage et son encadrement à l’université et dans l’entreprise

- La rémunération à 50% du SMIC minimum dès le premier mois, variant ensuite selon la durée du stage et le niveau de qualification

- Des garde-fous empêchant les abus, et notamment la mise en place d’un quota maximal de stagiaires par entreprise…


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