Luttes sociales

La progression du surrendettement souligne l’aggravation de la précarité

Confirmation de l’ampleur de la crise

Sanjiv Dinama / 15 janvier 2010

Le dernier bulletin trimestriel de conjoncture financière et bancaire de l’IEDOM mentionne une croissance des dossiers de surendettement de +53% en cumul à fin octobre. Rappelons également que le nombre de demandeurs d’emploi a fortement progressé à La Réunion. Il apparaît clairement que la pénurie d’emplois ne pourra disparaître qu’avec des changements profonds et adaptés à la situation de notre île.

Faisons un bref rappel de l’origine de la crise économique que nous traversons aujourd’hui. Cette crise a débuté aux États-Unis par les crédits hypothécaires comparables au crédits sur gage (aux États-Unis, les banques ont gagé les biens immobiliers des ménages). Quand les ménages n’ont plus les moyens pour vivre du fait d’un partage inégal des richesses, on leur accorde des crédits. On crée donc un public qui vit au-dessus de ses moyens, c’est-à-dire de ses capacités réelles.

Le peu d’argent que les ménages perçoivent, c’est pour payer leurs dettes, en d’autres termes, pour alimenter les richesses des autres (banquiers, patrons...), jusqu’au moment où le ménage est asphyxié et devient insolvable, ou lorsqu’il fait face à un imprévu lié à un licenciement (de plus en plus fréquent dans cette période de crise au vu des statistiques). C’est à ce moment-là que le prêteur (banque) saisit le bien gagé ou hypothéqué afin de rembourser les liquidités (la somme empruntée). C’est ce modèle économique qui s’est effondré et a entraîné l’une des plus graves crises de l’Histoire que nous connaissons actuellement.

Cette période de crise appelle donc à la plus grande vigilance. La lecture des offres d’emplois enregistrées par la Direction du travail fait apparaître l’ampleur de la crise structurelle de notre pays. Une crise d’abord liée à la pénurie d’emplois. 125.374 demandeurs d’emploi à La Réunion, tel est le nombre officiel relevé par les services de Pôle Emploi au 31 novembre. Cette donnée révèle encore une fois la gravité de la crise.

Accélérer les grands chantiers

La situation est totalement différente comparé à l’Hexagone. À La Réunion, le chômage de masse existe depuis les années 70, quand a commencé à être mise en œuvre la réforme structurelle de l’agriculture. Des dizaines de milliers de planteurs ont été ruinés, ils ont émigré vers les villes où les emplois n’étaient pas en nombre suffisant.
Dès 1974, le taux de chômage était de 30%. Il est toujours à ce niveau 35 ans plus tard. Cette situation rappelle combien la situation de notre île est spécifique, et qu’à ce titre, ce sont des mesures à la hauteur de la gravité de la situation qui doivent être prises.
En effet, aucune région de France n’a un taux de chômage de 30% depuis plus de 30 ans. Cela veut donc dire que les mesures décidées par Paris ont toutes les difficultés du monde à prendre en compte la réalité de la pénurie d’emplois à La Réunion, puisque les lois votées sont destinées d’abord à régler les problèmes d’un pays qui a un taux de chômage pouvant quelques fois dépasser 10%, mais jamais approcher les 30%.

À La Réunion, des propositions ont été faites pour relancer l’emploi à partir de projets réunionnais. C’est ainsi que les forces vives se mobilisent pour accélérer la réalisation des chantiers, notamment (Tram-train, MCUR, route du Littoral…). Et il apparaît clairement que la pénurie d’emplois ne pourra disparaître qu’avec des changements profonds et adaptés à la situation de notre île.
La hausse du chômage du mois de novembre vient en tout cas rappeler l’urgence d’agir en ce sens.
La crise actuelle appelle à la mobilisation la plus large dès maintenant.
Pour régler le problème du pouvoir d’achat des ménages, il faut avant tout leur fournir des emplois avec un salaire décent qui leur permettrait de subvenir à leur besoin par leur travail.

 Sanjiv Dinama 


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