Luttes sociales

« La Réunion fera entendre sa voix face au ministre de l’Éducation nationale et au Président de la République »

L’UNL Réunion à Paris sous le signe de la jeunesse en lutte

Témoignages.re / 20 janvier 2011

L’UNL Réunion, premier syndicat lycéen de l’île vous informe qu’Alexis Chaussalet (responsable fédéral) est parti ce lundi 18 en direction de Paris pour représenter La Réunion au Conseil national de la vie lycéenne.

En effet, cette instance de la démocratie lycéenne regroupe un représentant par académie de toute la France. Cette instance est la continuité des CVL (Conseils de la vie lycéenne) dans tous les lycées, qui élisent leurs 20 représentants au CAVL (Conseil académique de la vie lycéenne) qui
siègent face au recteur pour débattre et améliorer les conditions d’études des lycéens. Et ce sont ces 20 représentants au CAVL qui élisent leur représentant national au CNVL.

L’UNL Réunion, forte de sa représentativité au sein du CRJ (Conseil régional des jeunes) a mené des campagnes actives dans les lycées de l’île pour faire de l’UNL l’outil syndical de démocratie lycéenne, de respect des droits lycéens et de combat pour la défense de notre avenir. C’est ainsi qu’une déferlante UNL a eu lieu dans la majorité des CVL des lycées de l’île et donc naturellement qu’au CAVL notre organisation est majoritaire.

Le 13 décembre dernier, le CAVL s’est donc réuni pour désigner son représentant national et Alexis Chaussalet a été élu après avoir défendu un programme offensif sur la défense de l’éducation et des conditions d’études, dénonçant les coupes budgétaires réalisées au détriment de l’avenir de la
jeunesse(16.000 suppressions de postes encore l’année prochaine, fin de la formation pédagogique pour les enseignants...).

À La Réunion cette politique aura des conséquences encore plus désastreuses, dans la région d’Europe où le taux de chômage chez les jeunes est le plus élevé (55%), dans la région de France qui possède un taux d’illettrisme deux fois supérieur à la moyenne nationale, dans la région de France où 52% de la population vit sous le seuil national de pauvreté ou encore qui possède la dernière Fac nationale en terme d’insertion professionnelle. C’est pour une défense de l’Éducation, mais aussi une reconnaissance identitaire de la culture et de la langue créole au sein de l’Éducation nationale — en favorisant l’emploi local ou en formant les enseignants de métropole à une pratique minimale du créole — qu’Alexis Chaussalet a été élu.

Ce succès dans l’ensemble des élections de la démocratie lycéenne fait incontestablement de notre organisation, la première organisation lycéenne.
Il est donc parti pour assister à ce premier CNVL, qui sera lieu de travail pour débattre avec tous les élus de la France de la situation actuelle. Ils seront en séance de travail le jeudi 20, présidée par le ministre de l’Éducation nationale : Luc Chatel.

De plus, l’ensemble des élus a été invité à la cérémonie des voeux présidentiels au « monde de la culture et de la connaissance » le mercredi 19 ; dans un premier temps notre organisation a réfléchi à la suite à donner à cette invitation qui finalement privera les élus d’une demi-journée supplémentaire de travail, nous considérions ainsi que notre place était à travailler dans l’intérêt des jeunes plutôt que d’assister à un discours suivi d’une dégustation de petits fours. Les camarades qui ont élu Alexis Chaussalet ne l’ont pas fait pour qu’il aille cautionner la politique gouvernementale. Nous avons donc hésité à boycotter publiquement cette cérémonie des voeux présidentiels. Puis un élément est entré en compte et a fait pencher la balance.

En effet, il y a un an, jour pour jour, M. le Président de la République arrivait sur notre île pour présenter ses voeux à l’Outre-mer. Alexis Chaussalet (alors secrétaire de l’UNL) avait reçu une invitation en raison de son mandat d’élu au Conseil municipal des jeunes de la commune du Tampon. En se rendant à l’aéroport il avait tout d’abord était arrêté, fouillé, puis suivi sur l’ensemble
de la soirée par les Renseignements généraux en civils. Le lendemain (19 janvier), il était invité à l’inauguration du Parc des palmiers dans la commune où il exerçait son mandat. En se rendant sur les lieux, l’histoire s’est répétée mais durcie. Ce sont toutes les forces présentes (RG, garde rapprochée de N. Sarkozy, Police nationale, gendarmerie, CRS... ) qui l’avaient tour à tour écarté pour l’interroger de façon brutale sur sa venue. Et c’est ensuite après l’arrivée de Didier Robert, qu’il a été empoigné violemment par 4 gendarmes, s’est fait confisquer son invitation par ces mêmes gendarmes et a été conduit dans un hangar pendant 2 heures entouré d’une dizaine de militaires armés avec en prime des injures et des menaces constamment. Il ne pouvait ni bouger, ni parler, ni téléphoner. À la suite de cette affaire et d’une enquête des journalistes, la préfecture avait reconnu avoir « ordonné son arrestation pour raison d’appartenance syndicale » bafouant ainsi un droit constitutionnel publiquement !

Un an après, il est de nouveau invité. Ainsi la Fédération UNL Réunion sera représentée à cette cérémonie et ne compte pas rester muette face à un Président qui ne respecte plus la jeunesse, refuse le dialogue, et détruit notre service public d’Éducation.
Reste à savoir s’il pourra entrer, espérons que son mandat d’élu national aura plus de poids pour refaire naître un semblant de démocratie.


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