Luttes sociales

La Réunion : la révolte gronde à Saint-Paul

Mobilisation pour la réouverture de la Poste à Bellemène

Manuel Marchal / 18 février 2014

Cela fait plus d’un mois que la Poste de Bellemène ne fonctionne plus. Lassés d’être abandonnés, les habitants du quartier ont décidé de bloquer la route tôt dans la matinée. Les bus promis pour les débuts de mois annoncés par Emmanuel Séraphin sont loin de correspondre aux besoins. Manifestement, le décalage est grand entre les revendications et la réponse de la municipalité de Saint-Paul. Retour sur une montée de chaleur dans un quartier de Saint-Paul, 2e ville la plus peuplée de La Réunion, avec plus de 100 000 habitants.

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Un gendarme tente de négocier la levée du barrage, les manifestants tiennent bon.

Dans le quartier de Bellemène comme dans tous les écarts, le bureau de Poste est souvent le dernier service public, avec l’école. Pour les habitants des Hauts, la Poste est donc plus qu’une banque. C4est en effet souvent par l’intermédiaire de La Poste que les plus modestes règlent leurs factures d’eau ou d’électricité. Tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir un carnet de chèques ou une carte bancaire pour régler sur Internet. Pas facile non plus de se rendre en ville de Saint-Paul pour payer directement auprès du fermier… Depuis le début du mois de janvier, la Poste de Belleméne est hors d’usage, la faute à un incendie, Depuis, les habitants de Bellemène sont obligés de descendre à Saint-Paul pour aller retirer un courrier en recommandé. C’est d4ailleurs ce qu’a confirmé un communiqué de la société publié hier peu après midi,

Pour aller acheter un timbre, il faut donc se déplacer à Saint-Paul ou à Saint-Gilles les Hauts.
Tout cela complique une vie déjà pas facile, alors si en plus il faut payer un transport pour toucher l’argent qui est dû…

Première réponse : les policiers et les gendarmes

Cela fait un mois et demi que cela dure, et les habitants de Bellemène n’en peuvent plus. Ils se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, ils ont donc décidé de passer à l’action. Hier matin, ils se sont placés à la croisée du chemin Lougnon et de la route départementale. Aidés de galets et de quelques branches, ils ont réussi à dresser un barrage de fortune, Tant qu’ils ne pourront pas faire entendre leurs revendication de vive voix aux représentants de l’autorité, ils resteront là.

La nouvelle se répand comme une trainée de poudre, à Saint-Paul et ailleurs à La Réunion. Elle arrive aussi aux oreilles de la Mairie. Gendarmes et policiers municipaux armés ne tardent pas à arriver. Ils demandent aux manifestants de déguerpir. Ces derniers voient dans l’arrivée des uniformes une motivation supplémentaire pour se faire entendre.

« Mi lé pa là pour koz èk ou »

Finalement, peu avant 9 heures, l’arrivée prochaine d’Emmanuel Séraphin est plutôt prise sur le ton de l’humour par les manifestants. Enfin, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ils attendent la venue du représentant de la maire, décidés à ne pas céder jusqu’à son arrivée.

Emmanuel Séraphin réserve ses premières salutations aux policiers et aux gendarmes. Puis il monte sur un muret pour lire un papier. C’est un courrier de la Poste expliquant les démarches entreprises par l’entreprise pour faire face à la situation. Et l’adjoint à la maire de conclure en annonçant que des bus seront mis en place, au début de chaque mois, pour les usagers qui ont besoin des services de la Poste.

Puis Emmanuel Séraphin a répondu pas très gentiment à un manifestant : « mi lé pa là pour koz èk ou », avant de fustiger la présence de candidats…
De candidat il y avait bien, mais rien qu’un seul en la personne d’Ary Yee Chong Tchi Kan.

Pourquoi pas un local temporaire ?

Ce dernier était venu simplement s4enauérir de la situation. En réponse aux doléances, Ary Yee Chong Tchi Kan propose que la Mairie mette à disposition un local temporaire, pour parer aux demandes les plus urgentes.

Car il ne faut pas oublier qu’un bureau de Poste, cela ne sert pas seulement quelques jours au début du mois.

Pendant que les discussions se poursuivaient au bord du chemin, les gendarmes ont poussé branches et galets sur le côté.
Cette nouvelle manifestation montre que la révolte gronde à Saint-Paul.

M.M.

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Ary Yee Chong Tchi Kan à l’écoute des habitants du quartier. Pourquoi ne pas ouvrir un local temporaire ? Cette proposition reçoit un bon accueil.
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Emmanuel Séraphin représentait Huguette Bello. En guise de réponse, il lit un courrier de La Poste.
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Puis Emmanuel Séraphin s’adresse å un manifestant : « mi lé pa là pour koz èk ou ». Finalement, les négociations auront lieu au bord du chemin, Ce geste d’énervement révèle-t-il une atmosphère de fin de règne à la mairie de Saint-Paul ?
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Pendant que les négociations se poursuivent, les gendarmes dispersent le barrage de fortune.


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