Luttes sociales

La rue fera pression contre la réforme des retraites

Appel à la mobilisation mardi 7 septembre

Céline Tabou / 6 septembre 2010

Les appels à la grève le 7 septembre sont généraux, quasiment tous les domaines sont concernés : transport, fonction publique, médias, associations, justice, éducation, pôle emploi, hôpitaux, France Telecom, énergie, industrie, syndicats, La Poste, et les entreprises privées. La France entière va être bloquée, ce mardi.

Huit organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA, FSU, Solidaire, F.O.) ont appelé à lutter et manifester. L’intersyndicale compte faire mieux que le 24 juin dernier, qui avait mobilisé entre 797.000 et 2 millions de personnes (plus de 5.000 à La Réunion). L’objectif est également de faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites, présentée par Eric Woerth aux parlementaires.

L’union de tous contre une réforme "injuste"

Inflexible sur le projet de réforme des retraites qui prévoit notamment de reculer l’âge de départ à 62 ans en 2018. 62% des français, particulièrement les jeunes et les 50-64 ans, -selon un sondage CSA pour Le Parisien-Aujourd’hui en France, les oubliés de mai dernier, se disent « prêts à manifester » pour défendre le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans.
A La Réunion, les syndicats traditionnels et étudiants ont appelé à la mobilisation, pour contrer cette réforme considérée « inacceptable, injuste, comptable, et de court terme ». Particulièrement touchée par cette réforme, la jeunesse a décidé de monter au créneau. « Nous ne voulons pas être la génération sacrifiée sur l’autel du plan de rigueur du gouvernement », a déclaré Camille Maillot (UNF) lors d’une conférence de presse samedi 4 septembre. Pour Gilles Leperlier, président de l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion (Ajfer), « la réforme qui se met en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux ».

Vers des grèves successives

Du côté des syndicats, le mot d’ordre est le même : refus de la réforme des retraites telle qu’elle est. L’intersyndicale considère dans un communiqué que « rien n’est joué » et compte sur « une mobilisation de grande ampleur », ainsi qu’une « journée massive de grèves et de manifestations ». « Le gouvernement ne pourra pas éternellement continuer à attendre la prochaine manifestation ! Il va bien falloir un jour qu’il arrête d’amuser la galerie et ouvre un vrai dialogue », a déclaré le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, dans un entretien accordé avec le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, au journal "Les Echos", vendredi 3 septembre.
Face aux effets néfastes de cette réforme, les syndicats souhaitent continuer les négociations, notamment sur la question de l’emploi des plus de 55 ans, des femmes et des jeunes. Tous affirment ne pas avoir pu débattre et estiment que si rien n’est fait le 7, les jours de grèves risquent de se succéder. L’idée d’une grève générale n’est d’ailleurs plus écartée, depuis l’annonce du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, dimanche 5 septembre, qui a déclaré sur Europe 1 qu’il n’était plus question de modifier le projet "sur le fond".

Céline Tabou


Kanalreunion.com