Luttes sociales

« La rupture des négociations menace la fourniture d’énergie électrique dans les Pays d’Outre-mer »

Conséquence de l’attitude des directions d’EDF et de Séchilienne SIDEC

Témoignages.re / 18 mars 2011

Dans un communiqué, la CGT Mines énergie constate que l’entêtement des directions d’EDF et de Séchilienne SIDEC risque de menacer la fourniture d’électricité dans tout l’Outre-mer. Le syndicat rappelle que les négociations pour l’application de la loi sont actuellement rompues. Voici le texte de ce communiqué.

Les 14 et 15 mars dernier, une rencontre a eu lieu dans chacune des entreprises concernées suite aux préavis de grève déposés par la CGT portant la revendication des salariés de la branche des IEG des POM pour la pleine et entière application de l’Art .14 § 6 du statut national des IEG. Cette revendication a été posée depuis septembre 2009 sans que les directions d’entreprises ni le gouvernement ne réagissent. Pourtant à plusieurs reprises le personnel a su se mobiliser avec responsabilité pour respecter les usagers.
Les représentants du personnel CGT qui ont rencontré les directions de la CDE, de la Séchilienne-Sidec et de l’EDF font l’inacceptable constat que les employeurs refusent de répondre aux justes et légitimes revendications des personnels.
Il en ressort que seuls l’élargissement et le durcissement du rapport de force semblent être de nature à faire évoluer leur position. Les directions prennent ainsi l’entière responsabilité des conséquences de leur entêtement.
À la CDE (Centrale Diesel Export), la direction a jusqu’à ce jour refusé de répondre à la revendication sans avoir un document de valeur juridique en application avec les dispositions demandées. À l’occasion de cette rencontre, la CGT lui a remis le relevé de conclusion de 1972 signé par le gouvernement et les fédérations syndicales. Depuis, cette direction a rompu le dialogue.
La Séchilienne-Sidec, elle, ayant engagé une saisine en interprétation auprès du Conseil d’État, est désormais face à la contrainte du risque d’une irrecevabilité de cette procédure. À ce stade, le Conseil d’État a notifié à la Séchilienne-Sidec huit jours pour motiver la recevabilité de sa requête, laissant ainsi le personnel sans autres réponses.
Quant à EDF, le plus gros employeur dans la branche des Industries Electriques et Gazières dans les pays d’Outre-mer, la direction refuse tout simplement de répondre à l’embarrassante revendication. Elle ne présente aucune argumentation solide. Pire, elle déforme la réalité du calcul salarial des agents dans les pays d’Outre-mer.
Dès cette semaine, les représentants de la CGT vont rendre compte aux personnels de ces différents échecs et décider, avec eux, des modalités d’action qui devront s’engager dans les prochains jours. Il s’agit de faire entendre raison à l’ensemble des directions d’entreprises concernées mais aussi aux pouvoirs publics et à l’État qui n’a jamais voulu prendre ses responsabilités sur cette question, malgré l’engagement qui était le sien le 22 février 1972. Les agents des Pays d’Outre-mer sont des agents à part entière pour lesquels la signature entérinée par le gouvernement doit être respectée.
Il est plus qu’évident que la patience dont ont fait preuve les Organisations Syndicales de la CGT est aujourd’hui épuisée et que, par voie de conséquences, la fourniture d’électricité dans les pays d’Outre-mer est menacée.


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