Luttes sociales

La tension monte en puissance en Grèce

Contre le plan d’austérité

Céline Tabou / 22 octobre 2011

Athènes a été le théâtre d’une grève générale, mercredi et jeudi, qui ont réuni près de 70.000 manifestants. Malgré le climat apaisé, la contestation a dégénéré par des fauteurs de trouble et la mort d’un syndicaliste jeudi. Malgré l’ampleur du rassemblement, le gouvernement socialiste grec de Georges Papandréou a tout de même voté un énième plan de rigueur.

Désireux de satisfaire la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne), le Premier ministre grec a fait adopter des nouvelles mesures de rigueur pour s’assurer l’octroi des 8 milliards d’euros de la sixième tranche de l’aide internationale de 110 milliards d’euros décidée en mai 2010. De leur côté, les manifestants ont scandé : « Le gouvernement, le Fonds monétaire international et l’Union européenne nuisent à la santé publique ».

Une jeunesse désespérée

Unis, secteurs public et privé se sont mobilisés pour dénoncer les mesures d’austérité. En dépit de l’organisation des syndicats, les manifestations se sont transformées en affrontements entre des jeunes et la police. Des centaines de jeunes ont lancé des cocktails Molotov et des pierres sur une barrière installée par la police pour protéger le Parlement. La police est alors intervenue et a envoyé des gaz lacrymogènes.
Cette montée de la violence peut s’expliquer par un taux de chômage élevé chez les moins de 25 ans et une augmentation de la précarité et de la misère de cette génération. Un jeune sur quatre est au chômage. Selon les statistiques officielles de l’ESA, en décembre 2010, les demandeurs d’emploi représentaient 14,8% de la population active contre 10,2% en 2009. Ce sont les Grecs qui sont le plus touchés par le chômage, la précarité et la misère, en effet, 39% des 15-24 ans étaient sans emploi fin 2010.

L’austérité ne suffit plus

Malgré les mesures de rigueur prises telles que la baisse des salaires, le gel des conventions collectives, diminution des retraites, hausse d’impôts, tout cela n’a pas été suffisant pour répondre aux attentes du FMI qui a décidé de continuer d’évaluer les progrès de la Grèce. Depuis le début de la crise, le gouvernement a annoncé près de 120 milliards d’euros de mesures diverses et variées. Cette fois-ci, les députés grecs ont voté des mesures de rigueur de près de 6,6 milliards d’euros. En dépit du cumul des mesures et des sommes économisées, le gouvernement ne parvient pas à réduire sa dette.
Les observateurs interrogés par “Reuters” pensent que la rue va continuer à manifester son mécontentement, car les Grecs ont « le sentiment que la cure d’austérité exigée touche les plus démunis sans affecter les fraudeurs et les hommes politiques jugés corrompus ».
Theodore Couloumbis, du cercle de réflexion Eliamep, a expliqué que « Les gens ont adressé mercredi le message que la limite a été atteinte, qu’ils ne peuvent pas supporter plus d’austérité. Toutefois, ce genre de manifestations ne pourra pas renverser le gouvernement. Je ne vois pas ça se produire maintenant ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com