Luttes sociales

La visite « inutile » de Marie-Luce Penchard

Intersyndicale

Témoignages.re / 3 décembre 2010

Lancer la TNT, saluer les pompiers du Maïdo, c’est bien. Mais ignorer la situation sociale de l’île, c’est être en décalage avec la réalité. L’Intersyndicale n’a pas apprécié la visite de la ministre de l’Outre-mer.

L’Intersyndicale a réagi hier à la visite de la ministre de l’Outre-mer. Une visité jugée « inutile », en décalage avec la réalité. La CFTC, la CGTR, la CFDT, FO, l’Unsa, la FSU, le Saiper, Solidaires, l’UNEF et l’UNL ont essuyé une fois de plus le refus d’être reçus par Marie-Luce Penchard en personne alors que la situation sociale de l’île l’exige. La ministre a pourtant pu se libérer pour assister à l’assemblée générale de la FEDOM à Paris, fait remarquer Jean-Pierre Rivière.
S’agissait-il donc, comme le dit Jean-Pierre Rivière (CFDT), d’une « simple visite de courtoisie », ou d’une « provocation », pour reprendre les propos d’Ivan Hoareau (CGTR). Est-ce de « l’incompétence » ou une « sous-estimation de la crise », peut-être les deux ? Toujours est-il que cette visite, avec le lancement de la TNT, n’a pas comblé l’Intersyndicale.
Pour Jean-Pierre Rivière, la ministre aurait dû se consacrer en priorité à la situation sociale, dans un contexte d’augmentation de 15% du chômage en un an. Il regrette aussi l’absence d’intervention sur les conditions de l’entrée en vigueur du RSA dès janvier, et sur le prolongement de deux ans du RSTA.

« Un discours de façade »

Erick Chavriacouty (Unsa) dénonce la mise à l’écart des partenaires sociaux, l’absence de dialogue social, le décalage entre le discours et l’action. Une position que partage Marie-Hélène Dor (FSU), pour qui la ministre de l’Outre-mer tient « un discours de façade ». Pourquoi Marie-Luce Penchard n’a-t-elle pas défendu les professeurs mutés contre leur gré en Métropole alors qu’elle plaide pour « une fonction publique plus représentative de son bassin de vie » ? Pourquoi n’est-elle pas venue, comme prévu, lors du mouvement social contre la réforme des retraites ? Pour Marie-Hélène Dor, « il est évident que, quand il y a un problème, Madame Penchard fuit ». Et pendant ce temps, « les services publics, dont l’Éducation nationale, sont sinistrés ».
Ivan Hoareau constate que, « fondamentalement, rien n’a bougé » depuis le COSPAR. La situation sociale s’aggrave et l’État continue sur sa lancée. « Comment peut-on annoncer que 2011 sera l’année de l’Outre-mer alors que l’Outre-mer est rabotée de partout ? », se demande Ivan Hoareau. Quant à l’efficacité d’un sous-préfet au Développement endogène, le syndicaliste en doute. N’y a-t-il pas de compétences locales en matière de coopération régionale, n’existe-t-il pas de filières déjà structurées ? Le « saut de puce » de Marie-Luce Penchard à La Réunion aura finalement laissé bien de questions sans réponses.

EP


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