Luttes sociales

La voix du « ras le bol » !

Mouvements citoyens

Jean Fabrice Nativel / 22 février 2012

Les mouvements populaires nés ces jours-ci portent en eux le ras le bol de nombre de Réunionnais et de Réunionnaises — un germe qui ne cesse de grandir ! Ras le bol contre la cherté de la vie et une certaine gouvernance. “Témoignages” donne la parole à ces citoyens et animateurs de ces groupes. Brièvement, ils nous expliquent les raisons de leurs mécontentements.

• Aldo : « Même si nous étions peu nombreux samedi soir au Jardin de la Préfecture, l’important était que le gouverneur [le préfet] nous entendent : oui, monsieur, le coût de la vie est élevé » !

• Nadine : « Je suis une mère célibataire, C’est un choix que j’assume. Je travaille depuis plus de 20 ans dans une grande entreprise privée. Avec mon salaire de 1.200 euros nets mensuels, je dois subvenir aux besoins scolaires, entre autres, de mes enfants bien qu’ils perçoivent des bourses. Je souhaite que les salaires de l’ensemble des employés soient valorisés ».

« Ti Frank »  : « Dans à peine 3 années, je me retrouve à la retraite. Vous me direz, quelle chance ! Sauf qu’elle sera de 370 euros. D’ores et déjà, je peux vous dire que je suis inquiet et amer. J’ai travaillé toute une vie pour gagner ça. Je suis révolté et demande davantage de justice dans cette société ».

• Nicolas : « Je suis sans emploi depuis 2010 après un contrat en alternance. Mon patron comme les clients appréciaient mon savoir-faire de pâtissier. Avant mon départ, deux de mes collègues ont été licenciés pour raisons économiques. Des lettres et des CV, j’en ai transmis : un commerçant m’a expliqué qu’il ne pouvait donner suite à ma sollicitation, les autres n’ont pas daigné me répondre. Je m’interroge aujourd’hui sur la volonté réelle que l’on a d’embaucher les jeunes ».

• Gaëlle : Étudiante en lettres à l’Université de La Réunion, elle « compte sur papa et maman pour subvenir aux besoins des journées. Sans eux, je ne mangerai qu’un jour sur deux. Faute de chambre au CROUS, c’est avec un privé que je loue celle-ci. Fort heureusement, le proprio a été conciliant en nous permettant de payer la caution en 3 fois. Vu le nombre de personnes au chômage aujourd’hui ici, je m’inquiète quant à l’avenir de tous ces étudiants. J’appelle les décideurs à s’unir afin de se pencher véritablement sur la question de l’emploi ».

• Christian : Cet intermittent du spectacle soutient « a donf » ce mouvement. « Lé pa évidan désand dan la ru é kri sak nou rosan. Tro, sé tro ! Dan nout péi, na dé katégori moun : na sak lé rich é sak lé pov. Sa dé mond i rankont pa, mi diré mèm na in i évit lot. Mi domand a moin pou kosa nou lé pa solidèr. Na in tan lé révolu isi La Rényon ».

Ces mouvements populaires sont en réalité structurés. Tous les citoyens l’animent et confient leur sentiment. Tenter de faire croire ou croire le contraire sonne comme une tentative pour les décrédibiliser… Ils en sont conscients, c’est pour cela qu’ils n’hésitent pas à remettre certains invités à leur place.

JFN


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