Luttes sociales

Le chômage des jeunes, un fléau persistant

Rapport de l’Organisation Internationale du Travail

@celinetabou / 13 octobre 2015

Le dernier rapport de l’Organisation Internationale du Travail révèle que le chômage des jeunes a légèrement baissé dans le monde (13 %) mais il reste nettement supérieur à celui d’avant crise (11,7 %). Selon l’étude, intitulée « Tendances mondiales de l’emploi des jeunes », ils sont 73,3 millions en 2014 à rechercher un emploi.

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Le rapport de l’OIT met en évidence le recul du nombre de jeunes chômeurs à 73,3 millions en 2014, soit 3,3 millions de moins que les 76,6 millions à l’apogée de la crise en 2009. Pour Sara Elder, principale auteure du rapport, « il est encourageant de voir que les tendances de l’emploi des jeunes s’améliorent si on les compare à notre rapport de 2013 ».

Cependant, « nous ne devons pas perdre de vue le fait que la reprise n’est pas universelle et que près de 43 % de la main-d’œuvre des jeunes dans le monde sont constitués de chômeurs ou de travailleurs qui vivent dans la pauvreté. Il n’est toujours pas facile d’être jeune et de débuter sur le marché du travail aujourd’hui ».

Attendre plus d’un an avant d’entrer dans la vie active

Le rapport explique « la proportion mondiale des jeunes dans la main-d’œuvre totale diminue au fil du temps », parce que les jeunes choisissent de poursuivre des études. Cependant, dans les pays d’Afrique centrale et d’Asie du sud-est, des millions de jeunes gens continuent de quitter l’école pour travaille, malgré leur jeune âge.
Selon le rapport, 31 % des jeunes n’ont aucune qualification, contre 6 % dans des pays comme l’Iraq, le Chili, le Soudan du Sud, les Tonga, Belize ou encore Fidji. Et 2 % dans des pays comme le Chili, la Lituanie, la Lettonie, l’Uruguay, ou encore Antigua-et-Barbuda.

Le taux d’activité des jeunes femmes est nettement inférieur à celui des jeunes hommes dans la plupart des régions. Elles sont les principales victimes du chômage quel que soit le continent. D’autant plus que leur arrivée des jeunes sur le marché du travail prend beaucoup plus de temps que pour les jeunes hommes.
Ainsi, la période de transition dure 19 mois en moyenne. Mais, un jeune ayant suivi un cursus universitaire peut accéder à un emploi stable en trois fois moins de temps qu’un jeune ayant un niveau d’éducation primaire.

Azita Berar Awad, Directrice du Département des politiques de l’emploi de l’OIT, a indiqué que « nous savons qu’aujourd’hui la transition des jeunes vers la vie active n’est pas facile, avec le ralentissement économique mondial qui perdure, cela devrait continuer ». Mais « nous savons aussi qu’investir davantage dans une action ciblée pour stimuler l’emploi des jeunes est profitable. Il est temps d’intensifier notre action pour soutenir l’emploi des jeunes » a affirmé cette dernière.

L’OIT préconise « d’investir dans l’éducation et la formation de la meilleure qualité possible ». Il s’agira alors de leur fournir les « compétences qui correspondent aux exigences du marché du travail, leur donner accès à la protection sociale et à des services de base quel que soit leur type de contrat, et harmoniser les règles du jeu ».

Des taux disparates

Dans les pays industrialisés, le taux de chômage des jeunes a commencé à reculer, passant de 18 % à 16,6 % entre 2012 et 2014. Selon l’OIT, cette tendance va se poursuivre, avec un taux de 15,1 % projeté en 2019.
Mais le chômage reste très élevés selon Eurostat (Juin 2015), avec 49,6 % en Espagne et 50,1 % en Grèce, et il a atteint 42,7 % en Italie. A contrario, la Suisse, avec la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark, ont les plus bas taux de chômage des jeunes au monde (3,7 %).

Le taux des jeunes ni employés, ni scolarisés, ni en formation (NEET) a également commencé à baisser dans les 28 pays de l’Union européenne (UE) depuis le record de 2012 (13,1 %) pour redescendre à 12,4 % en 2014. Mais dans l’UE, plus d’un jeune chômeur sur trois recherche un travail depuis plus d’un an (32,6 %).
L’OIT a constaté une croissance du temps partiel chez les jeunes, qui travaillent moins de 30H par semaine dans les pays européens. Dans les économies en développement, le sous-emploi structurel, l’emploi informel et la pauvreté au travail sont monnaies courantes.

Le nombre de travailleurs pauvres (vivant avec moins de 2 dollars par jour) a certes diminué au cours des 20 dernières années, mais ils sont encore 169 millions de jeunes travailleurs dans ces pays en développement. « Le chiffre grimpe à 286 millions si l’on inclut les quasi-pauvres (vivant avec moins de 4 dollars par jour)" souligne le rapport.
En 2014, les taux de chômage des jeunes les plus élevés ont été relevés en Afrique du Nord (30,5 %) et au Moyen-Orient (28,2 %) alors que les plus faibles ont été en Asie du Sud (9,9 %) et en Asie de l’Est (10,6 %). Ils atteignent 13,4 % en Amérique latine, 17,2 % dans la CEI, 11,6 % en Afrique subsaharienne.


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