Luttes sociales

Le chômage stagne à un niveau record

Dans les pays de la zone euro

Céline Tabou / 1er août 2013

Le taux de chômage dans la zone euro a stagné à un niveau record de 12,1% en juin, selon des données publiées mercredi 31 juillet par l’office européen des statistiques, Eurostat. Cependant, le nombre de chômeurs a légèrement reculé en un mois.

Dans la zone euro, le taux de chômage s’est s’établi à 12,1% en juin 2013, stable par rapport à mai. Dans l’Europe des 27, le taux de chômage a été de 10,9%, en baisse par rapport au taux de 11,0% relevé en mai. Eurostat constate que les taux ont augmenté par rapport à juin 2012, et se situaient respectivement à 11,4% et 10,5%.

26,424 millions d’hommes et de femmes au chômage

Selon les estimations d’Eurostat, 26,424 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage en juin 2013 dans l’UE-27, dont 19,266 millions dans la zone euro. Comparé au moins précédent, le nombre de chômeurs a diminué de 32.000 dans l’Europe des 27 et de 24.000 dans la zone euro. Par rapport à l’an dernier, le chômage a augmenté de 1,080 million de personnes dans l’UE-27 et de 1,129 million dans la zone euro.

Les pays européens possédant un taux faible sont l’Autriche avec 4,6%, l’Allemagne avec 5,4% et le Luxembourg avec 5,7%. Les taux les plus élevés se retrouvent en Grèce avec 26,9% en avril 2013 et en Espagne avec 26,3%. Eurostat explique que sur une année, le taux de chômage a augmenté dans dix-sept États membres et a baissé dans dix.

Les plus fortes hausses ont été enregistrées à Chypre, de 11,7% à 17,3%. Le pays a connu un pic dans la crise avec l’effondrement du système bancaire, conduisant à la Troïka (Fonds monétaire international, Banque central européenne et Union européenne) à imposer des réformes structurelles dans le pays.

En Grèce, la crise persiste entrainant avec elle une hausse du chômage de 23,1% à 26,9% entre avril 2012 et avril 2013. Egalement concernée, la Slovénie a vu le chômage passer de 8,8% à 11,2%.

A contrario, les baisses les plus marquées sont en Lettonie, de 15,5% à 12,5% entre les premiers trimestres 2012 et 2013, et en Estonie, passant de 10,1% à 8,0% entre mai 2012 et mai 2013.

Céline Tabou

Des perspectives moroses pour le chômage

Après six années de crise, Bruno Cavalier, économiste chez Oddo, a annoncé que « les pays de la zone euro pourraient apercevoir au loin le bout du tunnel » en raison de « l’apaisement sur les marchés » qui a mis « un peu d’intelligence dans les contraintes budgétaires, et ces derniers mois, les indicateurs industriels sont plus positifs » .

Pour ce dernier, les réformes engagées sous la pression de la Troïka auraient permis d’ajuster « lentement » l’emploi dans un climat d’incertitude.

Cette variable « varie aussi selon les pays et la facilité que les entrepreneurs ont à recruter ou à licencier », a indiqué une journaliste du “Monde”.

Cette baisse est visible chez les jeunes, où en juin 2013, 5,512 millions des moins de 25 ans étaient au chômage dans l’UE-27, dont 3,526 millions dans la zone euro. Par rapport à juin 2012, le nombre de jeunes chômeurs a diminué de 43.000 dans l’UE-27 et a augmenté de 43.000 dans la zone euro. En juin 2013, le taux de chômage des jeunes s’est élevé à 23,2% dans l’UE-27 et à 23,9% dans la zone euro, contre respectivement 22,8% et 23,0% en juin 2012. Cependant, dans certains pays européens et notamment en France, les contrats d’avenir et/ou aidés ont permis de diminuer de manière temporaire la hausse du chômage sans pour autant donner de perspectives sur du plus long terme.

En France, le marché de l’emploi a réagi avec un délai de trois trimestres, a indiqué Eric Heyer, de l’Observatoire français des conjonctures économiques, en raison d’un marché « engourdi ».

A La Réunion, la récession économique ne permet plus de créer de l’emploi pérenne et la conjoncture pèse sur les taux de chômage. A La Réunion, la récession économique ne permet plus de créer de l’emploi pérenne et la conjoncture pèse sur les taux de chômage.


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