Luttes sociales

Le Conseil général veut consolider la solidarité nationale

Réforme de la dépendance des seniors

Témoignages.re / 7 mai 2011

Dans le cadre du débat sur la dépendance, le Conseil général de La Réunion refuse une réforme qui exclurait les seniors les plus vulnérables et entraînerait de lourdes charges financières pour les Départements.

Le Conseil général prend en charge la perte d’autonomie des personnes âgées en versant l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie). Dans le cadre du débat national sur la dépendance, le Conseil général de La Réunion a formulé des propositions. Jean-Claude Fidji, vice-président délégué aux personnes âgées, a présenté hier la position de la collectivité concernant la réforme. Il participera à la restitution de la plateforme de propositions de l’ADF (Association des Départements de France) le 20 mai et fera entendre la voix de La Réunion.
Pour Jean-Claude Fidji, « il faut consolider la solidarité nationale ». Le Conseil général refuse les pistes de travail avancées par le gouvernement : la mise en place du recours sur succession pour rembourser l’APA, l’exclusion de certaines prises en charge par l’APA, le recours à une assurance privée. « Les élus ne veulent pas d’une solidarité low cost, d’une solution bâtarde qui articulerait solidarité et assurance », insiste Jean-Claude Fidji. La réforme envisagée conduirait à une exclusion des seniors les plus vulnérables et à des dépenses insupportables pour le Conseil général. Une cinquantaine de Départements de l’ADF ont déjà fait un recours en Conseil d’État pour une meilleure compensation de l’APA par l’État.

Un potentiel de 9.000 emplois

Quatre propositions sont faites par le Conseil général. D’abord, « consolider le financement de la dépendance dans le cadre de la solidarité nationale » avec une contribution de l’État à l’APA qui passerait de 30% à 60% en 2020. Jean-Claude Fidji a évoqué la taxation des revenus du capital, des placements. Ensuite, « faire le choix de la prévention de la dépendance plutôt que celui de la réduction de la prise en charge », notamment en créant un environnement favorable au maintien à domicile (médecins, amélioration de l’habitat, etc.). Il s’agit aussi « d’optimiser la prise en charge » par la création d’espaces répit-repos pour soulager les aidants. Enfin, « faire du vieillissement un levier pour l’insertion et l’optimisation des dépenses sociales ». Par insertion, il faut entendre la création d’emplois dans le domaine de l’aide à domicile pour les bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active). Le Conseil général estime que 6.759 emplois à tiers temps et 2.253 emplois à plein temps pourraient être créés d’ici 2020.
La dépendance à La Réunion est un enjeu majeur. Le vieillissement est quatre fois plus rapide qu’en métropole. La perte d’autonomie intervient plus tôt, dès 50-59 ans au lieu de 70-79 ans. La précarité sociale est forte avec 61% des plus de 50 ans éligibles à la CMU ou complémentaire santé. Le Conseil général accompagne 12.000 seniors en APA aujourd’hui. Ils devraient être 20.000 en 2020. Les dépenses passeront alors de 74 millions d’euros par an à 125 millions d’euros, soit 52 millions d’euros à 88 millions de charges nettes pour le Conseil général.

EP


Kanalreunion.com