Luttes sociales

« Le Conseil régional est un fauteur de troubles »

Mobilisation contre le prix des carburants

Témoignages.re / 11 février 2012

« Le Conseil régional joue la montre », a lancé, hier, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) et porte-parole de l’Intersyndicale des professionnels de la route (IPR). Réuni avec des représentants de différentes organisations syndicales, il est revenu sur le clash qui s’est produit la veille au Conseil régional entre l’IPR et le Collectif de défense des transporteurs, présidé par Armand Mouniata. Tous ont souligné une tentative de division de la part du Conseil régional. « Ce sont des fauteurs de troubles », a surenchéri Jean-Bernard Caroupaye. Il a par ailleurs confirmé qu’un préavis de grève a été déposé. La menace de blocage plane donc toujours pour lundi.

Ce jeudi, la réunion de concertation entre la Région Réunion et l’Intersyndicale des professionnels de la route s’annonçait décisive. Il s’agissait de discuter des modalités d’attribution du fonds de financement pour la baisse du prix des carburants à destination des professionnels de la route. Mais la réunion a coupé court rapidement. Jean-Bernard Caroupaye a en effet refusé d’y participer lorsque Armand Mouniata, le président du Collectif de défense des travaux publics et des transports, et Franck Legros, président de la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), se sont invités à la table de discussion. Ces derniers ont expliqué leur geste, argumentant « être également des professionnels de la route ». Un fait que n’avait pas apprécié Jean-Bernard Caroupaye.

Hier, le porte-parole de l’IPR a réitéré ses propos sur le fait que « la Région n’avait pas respecté la feuille de route », l’accusant « d’avoir tourné en bourrique les transporteurs ». « Je crois que la Région n’avait pas d’objectifs clairs pour la prochaine réunion de ce mardi. Elle joue la montre et fout le bordel », a fustigé Jean-Bernard Caroupaye. « Nous ne demandons pas la mer à boire, mais juste notre dû. Nous nous sommes engagés pour une cause et nous nous y tiendrons », a-t-il ajouté.

Sur le clash qui s’est produit entre l’IPR et les transporteurs, Jean-Bernard Caroupaye a rappelé que la CAPEB a participé à la première table ronde qui s’est tenue ce lundi. « Nous leur avons demandé qu’ils nous rejoignent mardi. Qu’ils arrêtent de dire qu’on les ignore, je leur tends la main », a-t-il toutefois clamé.
Appel à la solidarité de toute la population

Le porte-parole de l’IPR et l’ensemble des représentants des organisations présentes ont également tous noté « une volonté de diviser de la part du Conseil régional ». « Mais nous restons tous soudés pour ce combat d’ordre général. Les autorités n’ont tout simplement pas compris l’ampleur du débat », a, pour sa part, affirmé Giraud Payet, président de l’UTI (Union des travailleurs indépendants).

Présent lui aussi, Jean-Hugues Ratenon, président de l’ARCP (Alliance des Réunionnais contre la pauvreté), a tenu à réafficher sa solidarité aux transporteurs. Il a, par la suite, appelé la population réunionnaise à « ralentir leur vitesse sur la route » ce mardi. Une réunion est en effet prévue à la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Il s’agira d’étudier la possibilité d’une baisse de 25 centimes par litre de carburant pour l’ensemble des usagers.

Par ailleurs, l’IPR a confirmé qu’un préavis de grève a bien été déposé jeudi soir. Si des actions de blocages de routes se précisent pour lundi, l’intersyndicale refuse d’en dire plus. Hugues Atchy, président de l’IPR, n’a eu que pour seul commentaire : « Rien n’a encore été décidé. On se concerte encore sur les actions à mener ». « La solidarité s’organise. Un noyau dur est en train de se constituer autour des transporteurs », a précisé Jean-Bernard Caroupaye.

Les menaces de blocages planent toujours.

Avec Imaz Press Réunion


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